La Russie a menacé lundi de répondre aux sanctions "hostiles" annoncées par Londres contre 49 personnes et organisations, dont 25 Russes, dans le cadre d'un nouveau mécanisme pour punir les violations des droits humains. "La Russie se garde le droit de prendre des mesures de rétorsion en lien avec la décision hostile du Royaume-Uni", a indiqué dans un communiqué l'ambassade russe à Londres. La liste noire publiée par le ministère britannique des Affaires étrangères comprend notamment 25 citoyens russes accusés d'être impliqués dans la mort en détention en 2009 de Sergueï Magnitski, juriste du fonds d'investissement Hermitage Capital. Parmi eux figure également Alexandre Bastrykine, patron du puissant Comité d'enquête, organisme dépendant directement du Kremlin et chargé des principales affaires criminelles. L'ambassade russe à Londres a dénoncé ces sanctions comme une volonté de "faire pression sur des Etats souverains", soutenant que les enquêteurs et les juges russes travaillaient "indépendamment du pouvoir exécutif". Les relations entre Londres et Moscou se sont dégradées ces dernières années sur fond d'opposition sur les conflits en Syrie et en Ukraine. Londres accuse par ailleurs Moscou d'avoir empoisonné en Angleterre, en 2018, l'ex-agent russe Sergueï Skripal et sa fille, des accusations rejetées en bloc par la Russie. Ce nouveau mécanisme permet au Royaume-Uni, centre financier où transitent ou sont placés des actifs appartenant à de nombreuses grandes fortunes de la planète, d'adopter de manière autonome des sanctions spécifiques, indépendant de l'Onu ou de l'Union européenne. La liste inclut aussi 20 Saoudiens soupçonnés d'avoir joué un rôle dans l'assassinat de l'éditorialiste Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul, ainsi que des généraux birmans et deux organisations de Corée du Nord accusées d'exactions. (Belga)