Le centre fédéral Migration, Myria, publie jeudi un document sur la migration en transit en Belgique. Il tente de dresser un profil de ce type de migration mais la tâche est ardue car aucun chiffre officiel n'existe sur la question et même la définition d'un migrant en transit ne fait pas consensus. Myria recommande de collecter des données "fiables, transparentes et comparables" sur ce phénomène. Myria définit le migrant en transit en Belgique "comme un ressortissant de pays tiers, généralement en séjour irrégulier, qui est en transit via la Belgique pour s'établir au Royaume-Uni et qui n'a, initialement, aucune intention de s'installer dans notre pays". Grâce à une recherche documentaire et à des rencontres avec les acteurs-clés belges (institutions gouvernementales et ONG) ainsi qu'avec des migrants en transit, Myria dresse un portait de ce type de migration. Le migrant en transit est souvent un homme âgé de 17 à 25 ans, venant principalement d'Erythrée, du Soudan ou d'Irak. La situation administrative varie de la demande d'asile dans un autre pays de l'Union européenne, au statut de protection dans un autre pays de l'UE, en passant par l'absence de demande d'asile. Il voyage seul ou en groupe, et s'appuie parfois sur les réseaux de passeurs. Le migrant en transit essaie de monter à bord de remorques des camions sur les parkings d'autoroutes, d'embarquer à bord de petits bateaux ou des cargaisons dans le port de Zeebrugge. Le phénomène touche tout le pays. Myria pointe que les migrants en transit sont souvent victimes de trafiquants d'êtres humains et "doivent être considérés comme des sources d'information pour les enquêteurs. Un climat de confiance est indispensable pour briser le modèle économique des trafiquants". Le centre fédéral recommande de collecter des données "fiables, transparentes et comparables" sur la migration en transit. Il préconise également de consolider le hub humanitaire et de créer, le cas échéant, des centres dans d'autres régions. Il plaide aussi pour une "protection effective des mineurs, par une vigilance accrue de la police, la désignation prioritaire d'un tuteur et un fonctionnement adapté des centres d'accueil". De janvier à juillet 2019, l'Office des étrangers compte 5.233 arrestations administratives de migrants en transit et plusieurs concernaient des mineurs, pointe Myria. Le centre fédéral souhaite enfin une application plus souple du règlement de Dublin, pour que la Belgique traite les demandes de protection internationale de migrants en transit en situation de vulnérabilité. Il rappelle enfin que les citoyens qui fournissent une aide humanitaire "ne doivent ni être intimidés ni menacés de poursuites pénales". (Belga)