Des conflits internes entre le Premier ministre népalais et des membres de son parti, dont d'ex-rebelles maoïstes, ont entraîné la soudaine dissolution du parlement dimanche et la convocation de nouvelles élections pour l'an prochain.Le gouvernement du Premier ministre K.P. Sharma Oli a été accusé de corruption et critiqué pour sa gestion de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus. Mais sa décision de convoquer de nouvelles élections intervient après des mois de conflit avec Pushpa Kamal Dahal, un ancien leader de la rébellion maoïste qui avait aidé M. Oli à se hisser au pouvoir lorsque leurs partis politiques ont fusionné en 2018. Les deux hommes se sont notamment affrontés sur leur accord de partage du pouvoir. Selon des membres du parti de M. Oli s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la décision du Premier ministre a aussi été motivée par la possibilité du vote d'une motion de défiance à son égard au parlement. De nouvelles élections ont été convoquées pour avril et mai l'an prochain, a déclaré le bureau de la présidente Bidhya Devi Bhandari dans un communiqué diffusé après son feu vert à la dissolution du parlement. Peu après la demande adressée par le chef du gouvernement à la présidente en vue de dissoudre le parlement, quatre-vingt-dix parlementaires du parti au pouvoir se sont précipités pour enregistrer leur vote de défiance. La présidente Bhandari, issue du parti au pouvoir et considérée comme une proche du Premier ministre, a été critiquée pour avoir rapidement approuvé la requête de M. Oli. Sept ministres ont démissionné dans la foulée de la dissolution, expliquant dans un communiqué que cette décision allait "contre le mandat du peuple et les principes politiques". Certaines personnes sont par ailleurs descendues dans les rues de la capitale Katmandou pour manifester. Cette dissolution plonge le Népal dans une nouvelle période d'incertitudes politiques, après des années d'instabilité et de gouvernements éphémères ayant suivi une décennie de guerre civile. Selon des analystes, la dissolution du parlement pourrait être contestée en justice. "Le Premier ministre ne peut recommander la dissolution du parlement tant qu'il n'y a pas la possibilité de former un gouvernement alternatif", a déclaré à l'AFP un expert juridique, Bipin Adhikari, jugeant cette décision inconstitutionnelle. (Belga)