Le Parlement du Nicaragua a approuvé lundi une loi polémique qui exclut des élections générales de 2021 ceux qui font la promotion de sanctions étrangères à l'encontre du pays d'Amérique centrale, une claire allusion à l'opposition.La loi intitulée "Défense des droits du peuple à l'indépendance, souveraineté et autodétermination pour la paix", soutenue par le président Daniel Ortega, a été approuvée lundi par le Parlement, où le parti du chef de l'Etat, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), est majoritaire. Le texte a été adopté par 70 voix. Quinze parlementaire ont voté contre et quatre se sont abstenus. Le Nicaragua, secoué depuis 2018 par une grave crise politique, organisera des élections présidentielle et législatives en novembre 2021. Au pouvoir depuis 2007, Daniel Ortega, un ex-guérillero sandiniste qui avait déjà été à la tête du pays de 1985 à 1990, pourrait briguer un quatrième mandat consécutif. La loi, dénoncée par l'opposition, établit que "toute personne qui demande, soutient et salue l'imposition de sanctions contre l'Etat du Nicaragua" ne pourra pas se présenter à ces élections. Est également exclue toute personne qui fomente ou finance un coup d'Etat, porte atteinte à l'ordre constitutionnel, incite à l'ingérence étrangère ou participe, avec des financements extérieurs, à des actes de terrorisme et de déstabilisation. Le Parti libéral constitutionnaliste (PLC) de droite a voté contre, accusant le texte de violer les droits constitutionnel des citoyens. Daniel Ortega est accusé par l'opposition de graves violations des droits humains et d'avoir instauré une dictature marquée par la corruption et le népotisme. Le pays d'Amérique centrale a été secoué en 2018 par des manifestations anti-gouvernementales, dont la violente répression a fait au moins 328 morts et 88.000 exilés, selon la Commission inter-américaine des droits humains (CIDH). Le pouvoir soutient que cette contestation constituait une tentative de coup d'Etat orchestrée par les Etats-Unis. Ces deniers ont imposé une série de sanctions contre des responsables du gouvernement et des membres de la famille de Daniel Ortega. (Belga)