L'ancien président français Nicolas Sarkozy a vilipendé lundi à la reprise de son procès pour corruption et trafic d'influence des "infamies", qui le "(poursuivent) depuis six ans"."Je ne reconnais aucune de ces infamies avec lesquelles on me poursuit depuis six ans", a déclaré l'ex-chef de l'État, dans ses premiers mots au tribunal correctionnel de Paris. Après un faux départ lundi dernier, le procès a repris en présence de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert, qui n'est pas parvenu à obtenir le renvoi de l'audience pour raisons de santé. Dans cette affaire dites des "écoutes", Nicolas Sarkozy, 65 ans, est soupçonné d'avoir, avec Me Herzog, tenté de corrompre Gilbert Azibert, alors en poste à la Cour de cassation. Selon l'accusation, l'ex-président cherchait à obtenir des informations couvertes par le secret, voire à peser sur une procédure engagée devant la haute juridiction liée à une affaire - l'affaire Bettencourt - dans laquelle il avait obtenu un non-lieu fin 2013. En contrepartie, il aurait donné un "coup de pouce" à Gilbert Azibert pour un poste de prestige convoité par ce dernier à Monaco, mais qu'il n'a jamais obtenu. Lundi après-midi doit être consacrée à de rugueux mais décisifs débats procéduraux, la défense contestant notamment la validité des poursuites. L'avocate de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Laffont, a commencé à plaider la "nullité de la procédure toute entière", en raison selon elle de "nombreuses dérives" et de "violations répétées, graves" des droits de la défense dans ce dossier. Nicolas Sarkozy encourt dix ans d'emprisonnement et un million d'euros d'amende pour corruption et trafic d'influence, comme ses coprévenus jugés en sus pour violation du secret professionnel. Ils contestent toute infraction. Cette affaire, aussi appelée "Bismuth", trouve son origine dans un autre dossier: celui des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, qui vaut une quadruple mise en examen. (Belga)