Des magasins ont levé leurs rideaux de fer et des commerçants sur des marchés ont installé leurs étals samedi à Lagos où le couvre-feu a été allégé après des journées de violences inédites.Des vendeurs sur un marché ont déclaré qu'ils attendaient des livraisons et avaient peu de marchandises à vendre. Les magasins et les restaurants qui ont rouvert sont, eux, pour la plupart vides. Les rues dans le centre de la capitale économique du Nigeria étaient encore assez désertées au lendemain de l'annonce d'un allègement du couvre- feu. "Les gens pourront désormais sortir de chez eux entre 8h du matin et 18h le soir, à partir de samedi", a déclaré vendredi soir le gouverneur Babajide Sanwo-Olu dans un discours télévisé. Ce couvre-feu avait été instauré mardi après-midi pour tenter de freiner l'escalade des violences, devenues incontrôlables. La mégalopole Lagos été secouée par trois jours de violences cette semaine. Selon Amnesty international, 12 personnes sont mortes lors de la répression des manifestations pacifiques, provoquant une vague d'indignation dans le pays et à l'étranger. Pendant les violences, des postes de police ont été incendiés, des supermarchés pillés et des véhicules détruits, alors que des fonctionnaires ont accusé des "voyous" de profiter du chaos. "Notre belle ville a connu un niveau de destruction proche d'une zone de guerre", a écrit le gouverneur Babijide Sanwo-Olu sur Twitter. La présence policière dans les rues de Lagos semblait allégée samedi, a constaté un journaliste de l'AFP. Le président nigérian Muhammadu Buhari a appelé à la fin des manifestations et a averti les manifestants de ne pas "porter atteinte à la sécurité nationale". (Belga)