Le ministre wallon de la Mobilité et du Climat Philippe Henry (Ecolo) estime que la crise sanitaire sonne définitivement l'heure d'un transfert de la mobilité vers les modes doux, dans un entretien accordé au Soir lundi. Selon le ministre, "deux choses vont rester" après la crise sanitaire: "Un : l'attrait pour les modes actifs, tous les magasins de vélos sont en rupture de stock. Deux : le télétravail". Il rappelle qu'avec les villes, son gouvernement a proposé des aménagements temporaires. "Le confinement et la belle saison doivent permettre de consolider les nouvelles pratiques". Les gens "ont enfin compris l'incroyable place laissée à la voiture dans les villes et sur les voiries en général", constate-t-il. Le ministre est conscient que certains aménagements cyclistes ne marcheront pas et qu'il faudra les revoir, mais d'autres deviendront définitifs. Il note qu'il y a aujourd'hui en Wallonie "les plus gros moyens jamais dégagés en faveur du vélo", alors qu'un plan Infrastructures de plus de deux milliards d'euros pour les années 2020 à 2026 a été adopté début juillet. L'objectif pour 2030 est de "diminuer d'un tiers le nombre de kilomètres parcourus en voiture. C'est évidemment énorme, mais nécessaire par rapport à nos objectifs climatiques (...). Du coup, l'autre objectif consiste à multiplier par cinq l'usage du vélo". "Il faut reconnaître qu'en Wallonie depuis 20 ans, on n'a pas du tout réussi à diminuer la place de la voiture. Elle a même augmenté ou stagné ces dernières années. Donc il faut un basculement, sinon nous aurons des problèmes climatiques majeurs. Il n'y a pas le choix", conclut M. Henry. (Belga)