Les négociateurs du Parlement européen pour le budget 2021-2027 de l'UE et le fonds de relance post-coronavirus ont mis un coup d'arrêt jeudi soir aux pourparlers en cours depuis six semaines avec le Conseil (États membres), dans l'attente que ce dernier formule une nouvelle proposition."Refuser de bouger, ce n'est pas négocier. Les députés reviendront à la table une fois qu'il y aura une réelle volonté du Conseil de trouver un accord", a indiqué le groupe des négociateurs emmenés par le président de la commission des Budgets, l'ancien ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt (CRE, N-VA). Les négociateurs attendent du Conseil qu'il actualise son mandat de négociation et revienne avec une proposition qui tienne compte de la principale demande du Parlement d'améliorer 15 programmes phares de l'UE "avec de véritables moyens". La dernière proposition de la présidence allemande du Conseil a été rejetée par les négociateurs, qui y ont vu essentiellement des "astuces" budgétaires réduisant les marges de manoeuvre et la flexibilité, deux éléments qu'ils veulent voir préservés pour, en ces moments de crise, pouvoir répondre à des besoins imprévus. Ils reconnaissent que des progrès ont été réalisés, notamment sur les nouvelles ressources propres qui doivent aider à soutenir la dette commune de l'instrument de relance post-coronavirus. Mais "aucun compromis n'est possible", dit le Parlement, tant que le Conseil exclut de relever les plafonds du budget 2021-2027 sur certains programmes ou d'exclure de leurs calculs certains postes de dépenses comme les intérêts de l'emprunt de relance. Les Vingt-sept s'étaient entendus à grand peine en juillet dernier sur leur position de négociation pour le budget 2021-2027 et le plan de relance post-coronavirus, le tout pour un montant de plus de 1.800 milliards d'euros. Mais le Parlement, qui doit valider l'accord ou le rejeter en bloc, le juge toujours insuffisant. Les négociations budgétaires entre le Parlement et le Conseil donnent régulièrement lieu à des bras de fer jusqu'au plus près de l'échéance, voire à des dépassements de cette échéance, ce qui occasionne alors des problèmes pour les programmes en cours. L'issue de la négociation dépendra aussi d'un accord sur la mise en place d'un mécanisme garantissant le respect de l'État de droit. (Belga)