Une pétition signée par plus de 2.200 personnes exigeant un refinancement des universités a été remise jeudi à la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, indique le collectif à l'origine de la pétition. Le collectif rassemble des membres de la communauté universitaire et de l'enseignement supérieur dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le refinancement de l'enseignement supérieur est une rengaine répétée depuis de nombreuses années, alors que les universités sont soumises depuis plus de deux décennies à un système budgétaire à enveloppe fermée. Le nombre d'étudiants explose mais les budgets alloués aux institutions académiques ont stagné. Il y a un an, la nouvelle majorité arc-en-ciel en Fédération Wallonie-Bruxelles indiquait vouloir faire bénéficier le secteur d'un refinancement à hauteur de 50 millions d'euros sur toute la législature, avec une première tranche de 5 millions d'euros dès l'année 2020 - qui n'a pas encore été versée. Cette promesse d'augmentation des montants alloués ne permet toutefois pas de faire face à la hausse du nombre d'étudiants, explique Nicolas Verschueren, professeur à l'Université libre de Bruxelles, membre du collectif à l'origine de la pétition. Avant les élections, le Conseil des recteurs des universités francophones de Belgique avait réclamé un refinancement de 150 millions d'euros sur la législature. Les universités manquent cruellement de moyens, à en croire les signataires de la pétition, alors qu'elles doivent relever de nombreux défis en cette période de crise sanitaire. "Nous demandons qu'à la gestion de l'urgence succède une politique faisant véritablement de l'enseignement supérieur et de la recherche une priorité. Seul un refinancement massif permettra de garantir un soutien et un suivi des étudiants, des conditions de travail dignes pour toutes et tous, et de maintenir les capacités de recherche des établissements", plaide la pétition. "On demande de l'excellence, avec tous les classements universitaires, mais pour cela, on a besoin de moyens", insiste M. Verschueren. La pétition a été remise à la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny "afin qu'elle prenne la mesure de la détresse dans laquelle se trouvent les étudiants, chercheurs et professeurs". (Belga)