Plus de 3.600 scientifiques internationaux demandent aux responsables européens de modifier la politique agricole commune (PAC) qui aujourd'hui "finance des pratiques qui détruisent la biodiversité à grande échelle". "Près de 60 milliards d'euros des contribuables européens sont dépensés par an en subsides de l'UE qui financent principalement des pratiques agricoles intensives et industrielles", pointe Natagora lundi dans un communiqué. Les scientifiques qui prennent position en faveur d'une réforme de la PAC sont issus de 63 pays dont la Belgique (137 scientifiques). Ils s'expriment alors que l'Europe négocie son budget 2021-2027, qui comprend notamment la part qui sera allouée à la PAC. "Pour le moment, le facteur principal qui détermine le montant des 'aides aux revenus' versé à un agriculteur est la taille de sa ferme: 80% des paiements vont à 20% des plus grandes fermes en Europe", déplore Natagora. "Les agriculteurs sont coincés dans un cercle vicieux où moins ils ont de terre, moins ils ont d'aide et de revenu, et moins ils peuvent s'agrandir - quelle que soit la qualité environnementale de leurs pratiques." Outre l'enjeu agricole en tant que tel, les scientifiques soulignent que le modèle soutenu aujourd'hui par l'Europe "conduit à des pertes directes en biodiversité, à la pollution de l'air et des eaux, et contribue à la crise climatique. L'UE a perdu 57% de ses oiseaux de milieu agricole depuis 1980. Papillons, abeilles et autres insectes volants connaissent également un grave déclin." Les scientifiques appellent entre autres à "mettre un terme aux pratiques destructrices pour l'environnement, en éliminant immédiatement les aides liées à la production et en éliminant progressivement les paiements directs, au bénéfice d'un soutien significativement accru à la transition des exploitations vers une agriculture respectueuse de la nature". (Belga)