Le chef du Conseil polonais des médias nationaux a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi le départ attendu du président de la télévision publique que l'opposition accuse de propagande pro-gouvernementale, à deux mois de l'élection présidentielle.Le président de la TVP Jacek Kurski est un ancien homme politique, affichant ouvertement son soutien au camp conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne. Un vote lancé vendredi au Conseil des médias doit décider de son sort, a indiqué le chef du Conseil des médias Krzysztof Czabanski. Son résultat officiel doit être connu seulement lundi mais "quatre membres du Conseil sur cinq ont déjà voté pour le départ" de M. Kurski, a-t-il déclaré aux journalistes. Trois membres du Conseil sont désignés par le président et le parlement. Actuellement il s'agit de trois membres de Droit et Justice (PiS), le parti conservateur nationaliste au pouvoir. M. Czabanski n'a pas expliqué les raisons du limogeage à venir de M. Kurski, mais les médias libéraux ont depuis quelque temps spéculé sur un conflit au sein des conservateurs sur l'avenir du chef de la télévision publique, qui serait mal vu par le président de la République Andrzej Duda. L'annonce a été faite en marge d'une conférence de presse du président Duda qui a annoncé, en présence du chef du gouvernement Mateusz Morawiecki, la promulgation d'une loi amendée controversée, proposée par leur propre camp politique, portant sur une aide financière aux médias publics. L'opposition et des représentants des milieux médicaux ont sommé le chef de l'Etat depuis un mois de refuser près de deux milliards de zlotys (450 millions d'euros) aux radions et télévisions publiques pour les destiner à la lutte contre le cancer. Aux yeux de l'opposition, cette subvention fait soutenir par le contribuable des médias engagés à fond dans la propagande du parti au pouvoir. Les sommes prévues par le texte doivent compenser aux médias publics les faibles revenus du système défaillant de la redevance obligatoire en Pologne. (Belga)