"Il est l'Italien qui a sauvé l'euro, il sera maintenant celui qui sauve l'Italie." C'est en ces termes que l'ancien Premier ministre italien Matteo Renzi a fait l'éloge de Mario Draghi, l'ex-patron de la Banque centrale européenne appelé à la rescousse pour sortir le pays de la crise politique après la démission du chef du gouvernement Giuseppe Conte. Mario Draghi continuait mercredi ses consultations en vue de former un nouveau gouvernement.Matteo Renzi s'est montré confiant vis-à-vis de la capacité de Mario Draghi à trouver une majorité au Parlement d'ici la fin de la semaine. Le gouvernement de Giuseppe Conte a jeté l'éponge fin janvier après avoir été lâché par un parti pivot membre de sa coalition, Italia Viva (IV), force politique à laquelle appartient Matteo Renzi. Le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir), très proche de M. Conte sans le compter dans ses rangs, et ses alliés du Parti démocrate (PD, centre-gauche) ayant échoué à former un nouveau gouvernement, le président Sergio Mattarella, arbitre en cas de crise politique, a fait appel à Mario Draghi. Le chef d'Italia Viva a également défendu son rôle dans la chute du précédent gouvernement, motivée par un désaccord sur la meilleure manière d'utiliser les fonds européens envoyés en Italie pour aider la Botte à faire face aux répercussions économiques de la pandémie de coronavirus. Matteo Renzi souhaitait davantage investir dans le système de santé, tandis que le gouvernement cherchait à obtenir plus de fonds d'urgence. "Celui qui affirme que j'ai provoqué cette crise (politique) par pure vanité devrait se souvenir que j'ai refusé un portefeuille ministériel, j'ai refusé plusieurs postes de ministre pour mon parti. J'ai pris de grands risques car je voulais que Mario Draghi devienne Premier ministre", a affirmé M. Renzi. Surnommé "Super Mario" pour son rôle dans le sauvetage de la zone euro en 2012 en pleine crise de la dette, Mario Draghi poursuivait mercredi les négociations en vue de former un nouveau gouvernement en Italie. Il s'est entretenu avec plusieurs groupes politiques à l'échelle municipale, provinciale et régionale et doit encore rencontrer des représentants des entreprises, des syndicats et d'organisations environnementales. Mardi, l'éminent économiste a reçu l'appui de presque tous les partis au Parlement. Le Mouvement 5 Étoiles, qui compte un tiers des parlementaires italiens, a cependant décidé mercredi de suspendre son éventuel soutien. La tâche de Mario Draghi sera difficile: l'Italie est durement frappée par l'épidémie de Covid-19 et le gouvernement doit présenter d'ici fin avril un plan de relance de son économie en récession, grâce à une importante aide financière de l'Union européenne. (Belga)