Le chantier colossal de train à grande vitesse HS2 a démarré officiellement vendredi au Royaume-Uni, un projet contesté à la fois pour son coût faramineux, ses retards à répétition et son potentiel coût environnemental. La société HS2 Ltd s'est félicitée dans un communiqué d'une "étape majeure pour le projet d'infrastructure le plus vaste d'Europe", après "dix ans de développement". Les travaux doivent générer 22.000 emplois - dont 10.000 directs au plus fort de l'activité. Le premier ministre britannique Boris Johnson, qui a promis d'aider à stimuler l'économie du nord du pays, plus défavorisé que le sud et la capitale Londres, a qualifié le projet de "colonne vertébrale du réseau de transport (futur) de notre pays". Il sera "crucial pour dynamiser la connectivité entre les petites et grandes villes", selon lui. Interrogé sur la chute du trafic ferroviaire liée à la pandémie de Covid-19 qui a donné un coup de frein aux déplacements et favorisé la montée en force du télétravail, le ministre des Transports Grant Shapps a répondu que "nous ne construisons pas (ces lignes ferroviaires) pour ce qui va se passer dans quelques années ou même dix ans, mais (...) pour 150 ans". En février, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait validé le projet High Speed Two malgré un coût astronomique qui pourrait dépasser les 100 milliards de livres (environ 115 milliards d'euros) et l'opposition d'une partie de la classe politique, certains réclamant plutôt des investissements pour moderniser les lignes régionales existantes. Les travaux doivent se dérouler sur deux phases. Le premier tronçon, reliant Londres à Birmingham (centre de l'Angleterre), pourrait ne pas voir le jour avant 2031. Il faudra peut-être attendre 2040 pour que la deuxième phase, qui vise à prolonger la ligne vers Manchester et Leeds (nord), soit opérationnelle. Les chantiers prévus sont particulièrement complexes. Le tracé de la ligne implique de creuser de longs tunnels, de détourner des cours d'eau ou d'acquérir des terrains parfois très chers, notamment dans la capitale britannique. Extinction Rebellion et nombre d'autres collectifs écologistes fustigent le projet et son coût pour la biodiversité. (Belga)