Près de deux tiers des détenus vont à fond de peine et ne bénéficient pas d'une libération conditionnelle, annonce la RTBF samedi dans son journal télévisé de la mi-journée. La situation a radicalement changé en 10 ans, selon Annie Devos, administratrice générale des maisons de justice en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Il y a une dizaine d'années, on avait environ 60% des détenus qui pouvaient sortir en libération conditionnelle, ce chiffre est tombé à 28%." En 2019, 745 détenus sont ainsi restés en prison jusqu'à la fin de leur peine. En 2007, ils étaient deux fois moins nombreux. Sur cette période, un durcissement de la législation a été constaté. "Les Tribunaux d'Application des Peines (TAP) existent depuis 2007 et on a vu une chute des libérations conditionnelles après leur mise en place. Il y a eu ensuite des modifications légales d'importance à la suite de faits divers importants. Par exemple, depuis 2013, c'est le détenu lui-même qui doit faire la demande. Avant, il y avait une revue systématique de sa situation. En 2019, une nouvelle législation a renforcé les conditions d'admissibilité. Le degré d'exigence augmente. Au moment où toutes les conditions sont rassemblées, on est en général extrêmement loin dans la peine", observe-t-elle. Selon Mme Devos, cette situation n'est pas sans danger. "Il n'y a pas de guidance, ces personnes (qui arrivent à fond de peine), dès qu'elles sortent de prison, se retrouvent à la rue. Si une libération conditionnelle est octroyée, il y a un accompagnement. Il y a un travail d'aide et de contrôle qui est réalisé avec les assistants de justice. Celui-ci peut être soutenant pour les personnes et offre des garanties en terme de sécurité publique." "Il y a de nombreuses légendes urbaines dont celle qui prétend qu'il existe en Belgique une automatisation de la libération conditionnelle", conclut-elle. (Belga)