Des milliers d'habitants des pays baltes ont commencé dimanche à former une chaîne humaine en solidarité avec les protestataires au Bélarus, trois décennies après leur geste similaire de défi envers l'Union soviétique. La chaîne humaine doit s'étendre sur quelque 30 kilomètres, de la capitale lituanienne, Vilnius, jusqu'à la frontière avec le Bélarus. Le 23 août 1989, des millions de personnes avaient constitué une chaîne humaine à travers les trois pays baltes, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie, pour exprimer leur désir d'indépendance de l'ex-URSS. La cheffe de file de l'opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, qui s'est réfugiée en Lituanie après l'élection présidentielle contestée du 9 août dans son pays, a fait savoir qu'elle pourrait prendre part à ce mouvement. "Cela représente beaucoup, pas seulement pour moi, mais pour tout le peuple bélarusse, et il ressent ce soutien (...) c'est très beau", a-t-elle déclaré à l'AFP samedi. Le président lituanien Gitanas Nauseda, qui a pris part à la Voie balte, la première chaîne humaine en 1989, est pour sa part attendu à cette manifestation qui a commencé à 16h00 GMT (18h00 en Belgique). Selon les organisateurs, quelque 50.000 participants sont au total attendus. En Lettonie, des centaines de manifestants ont marché le long de la frontière avec le Bélarus, avant de former une chaîne humaine dans le village de Piedruja sous le regard des gardes-frontières bélarusses postés sur l'autre rive de la Daugava, la rivière qui sépare les deux pays. D'autres chaînes humaines sont prévues dans la capitale estonienne, Tallinn, mais aussi le long du célèbre pont Charles à Prague, en Tchéquie. (Belga)