Le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi, aux côtés de la chancelière Angela Merkel, une médiation européenne entre les différents acteurs de la crise au Bélarus, en liaison avec la Russie avec laquelle les Européens dialoguent intensément. "Un dialogue entre les autorités, l'opposition et la société civile est (...) indispensable. Nous souhaitons que ce dialogue puisse être mis en place par les Biélorusses eux-mêmes. Mais l'Union européenne se tient prête néanmoins à accompagner celui-ci, si notre rôle de médiation peut être utile et est souhaité par les Biélorusses, avec d'autres institutions, notamment l'OSCE, et incluant la Russie dans un dialogue exigeant", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande. "Nous avons eu, Mme la Chancelière, moi-même, le président (du Conseil européen, ndlr) Charles Michel, plusieurs échanges avec le président (Vladimir) Poutine sur la Biélorussie, nous attendons d'abord un dialogue franc parce que nous avons la conviction que la stabilité et la possibilité d'une relation entre l'UE et la Russie se joue aussi sur ce dossier", a déclaré le président français qui recevait la chancelière allemande dans sa résidence d'été au bord de la Méditerranée, où d'ailleurs M. Macron avait reçu M. Poutine l'été dernier. "Nous ne voulons pas y voir une réplique de ce que nous avons connu dans les années antérieures, en particulier en Ukraine (où une crise politique en 2014 a débouché in fine à une invasion du territoire ukrainien par la Russie, ndlr). Nous avons été très clairs avec M. Poutine sur ce point", a-t-il déclaré. Les deux dirigeants européens ont aussi souligné que, s'ils avaient un dialogue nourri avec le président russe, le président biélorusse Alexandre Loukachenko était lui aux abonnés absents pour dialoguer. M. "Loukachenko n'a cherché à parler à aucun d'entre nous", a dénoncé Mme Merkel lors de leur conférence de presse commune, ajoutant qu'il "est clair que nous disons à Poutine que nous cherchons le dialogue", avec le président du Bélarus. M. Macron a rappelé qu'il y avait aussi sur la table la proposition de médiation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). "Je peux dire que la réponse du président Poutine a été favorable à cette proposition. C'est, selon ses dires, le président Loukachenko qui est aujourd'hui réticent". Alexandre Loukachenko fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève déclenché à l'appel de l'opposition. Celle-ci rejette les résultats de la présidentielle du 9 août qui donnent M. Loukachenko gagnant avec 80% des voix. (Belga)