Le parti d'inspiration islamiste Ennahdha est arrivé en tête des législatives de dimanche, avec 52 sièges sur 217, selon les résultats préliminaires officiels, très loin de la majorité requise de 109 voix pour former un gouvernement seul.Le chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui se présentait pour la première fois à une élection, a été élu député à Tunis, a annoncé mercredi soir l'instance chargée des élections. Ennahdha devance le parti du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, Qalb Tounes, créé en juin et qui rentre au Parlement avec 38 sièges. Nabil Karoui, poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment, a été libéré mercredi soir. Mais son frère Ghazi, également sous le coup d'un mandat de dépôt depuis août, n'a plus été vu en public depuis. Il n'a donc pas fait campagne, alors qu'il était candidat sur les listes de Qalb Tounes, ce qui ne l'a pas empêché d'être élu député de Bizerte (nord). Le parti social-démocrate Attayar ("Courant démocrate") du militant des droits de l'homme Mohammed Abbou a obtenu 22 sièges. Karama, un mouvement islamo-populiste formé récemment par un avocat connu pour avoir assuré la défense de salafistes présumés, Seifeddine Makhlouf, a quand à lui remporté 21 sièges. De son côté le Parti destourien libre de l'avocate anti-islamiste Abir Moussi a récolté 17 sièges. Candidate déçue à la présidentielle, Mme Moussi, qui a défendu le régime du président déchu Zine el Abidine Ben Ali, est élue députée de Tunis. Ces résultats confirment l'émiettement du Parlement, entre des formations profondément divergentes, augurant de négociations ardues pour former un gouvernement puis légiférer. Les différents courants centristes, qui s'étaient rassemblés en 2014 autour du défunt président Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounes, se sont présentés en ordre dispersé et ont été sanctionnés pour leurs divisions. Au total, 2,9 millions d'électeurs ont voté le 6 octobre, sur plus de 7 millions d'inscrits. L'Isie avait annoncé dès dimanche un taux de participation de 41,3%. (Belga)