Le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) souhaite un accord sur les grands principes de la réforme de la prise en charge des personnes âgées durant l'année en cours. A ses yeux, il s'agira de "prendre soins de nos aînés dans des lieux de vie", et non plus "des résidents dans des institutions de soins".Comme ses collègues de gouvernement Rudi Vervoort, Bernard Clerfayt et Barbara Trachte, M. Maron a été longuement réentendu par les membres de la commission spéciale Covid 19 du parlement bruxellois, à l'issue de nombreuses auditions au cours des derniers mois.     Durant un exposé détaillé sur la gestion des volets Santé et Social de la crise (Maisons de repos, hôpitaux, équipements, testing, tracing, aide sociale, ...), il a jugé que la manière dont on s'occupe des personnes âgées en maisons de repos devait évoluer d'une "prise en charge des résidents dans des institutions de soins en "prise de soins de nos aînés dans des lieux de vie".     Selon lui, la gestion de la pandémie a retardé le processus de reconstruction d'un secteur "qui n'a sans doute pas été au centre de l'attention de nos institutions ces dix dernières années".   Les réunions de concertation avec les fédérations de maisons de repos et les mutuelles, au sein de la Commission Technique d'Iriscare adhoc commencent maintenant. "Nous voulons aboutir à un accord sur les principes, afin de traduire cela juridiquement cette année encore", a commenté M. Maron. D'après le ministre, les axes de travail principaux portent sur la révision des normes d'encadrement et d'agrément, afin d'améliorer les conditions de vie dans les institutions notamment via une meilleure formation du personnel et des directions; l'ouverture des institutions sur la ville et son tissu associatif; la mise en œuvre d'une logique d'amélioration continue des institutions, en complément du renforcement des contrôles et sanctions; et le développement des alternatives au modèle MR-MRS (habitats communautaires pour personnes âgées, résidences-services, habitats kangourou, ...).     Plus largement, il a indiqué que le gouvernement bruxellois avait dégagé près de 160 millions d'euros en 2020 pour soutenir les secteurs du social et de la santé.     Dans le cadre de la décision du gouvernement bruxellois de dégager, dans ce contexte, 42 millions affectés à la relance, il a été demandé aux maisons de repos de constituer une cellule de gestion de crise, prête à réagir en situation de rebond. Celles-ci ont été invitées à opérationnaliser des procédures adaptées aux principaux risques avec, en particulier, une procédure pour le cohortage en cas de propagation d'une infection au sein de l'institution; à constituer un stock adéquat d'équipement et de matériel de protection; à formaliser une collaboration avec un hôpital  et avec un un laboratoire; à établir un programme de formation et des dispositions à prendre lors d'une crise.     "Arrivé trop tôt selon les uns et trop tard pour d'autres, ce plan s'est surtout avéré utile. L'impact de la seconde vague dans les maisons de repos agréées par la CoCom a été bien mieux circonscrit que lors de la première vague", a ajouté Alain Maron. Le ton des échanges avec l'opposition est quelque peu monté au cours des échanges notamment lorsque sans citer personne, le ministre a affirmé que "les petits jeux politiques n'avaient pas leur place en gestion de crise. Dans l'opposition, le MR, la N-VA et la PB ont peu goûté à ces propos, reprochant au ministre d'éluder sa part de responsabilités dans ce qui a moins bien fonctionné et dans la communication à certains moments-clé de la crise. (Belga)