Le Franco-algérien Réda Kriket, condamné vendredi à Paris à 24 ans de réclusion criminelle pour un projet d'attentat djihadiste déjoué en 2016, sera rejugé, le parquet ayant fait appel de sa condamnation, a-t-on appris jeudi auprès du parquet national antiterroriste (Pnat).Il sera rejugé aux côtés de quatre autres hommes, dont Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, tous deux également condamnés à la même peine de 24 ans de réclusion, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Le Pnat avait requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de Réda Kriket, Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, présentés comme "le trio à la manoeuvre" d'un projet d'attaque qui "s'annonçait meurtrière", commandité selon l'accusation par l'Etat islamique (EI). Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats de Bruxelles, la police avait saisi dans un logement loué depuis huit mois sous un faux nom par Réda Kriket à Argenteuil (banlieue parisienne) un arsenal "d'une ampleur inédite": treize armes dont cinq fusils d'assaut, une quantité de munitions, des explosifs, ainsi que des milliers de billes métalliques. Réda Kriket, ex-délinquant de 39 ans, a toujours contesté tout projet d'attentat terroriste. Devant la cour d'assises spéciale, qui l'a jugé pendant cinq semaines, il a affirmé avoir voulu "faire du banditisme". Abderrahmane Ameuroud, âgé de 43 ans, avait, lui, été arrêté le 25 mars 2016, dans l'avenue Rogier, à Schaerbeek. Lors de son interpellation, cet homme de nationalité algérienne avait été blessé par balle à la jambe par la police. Il avait déjà été condamné en mai 2005, pour complicité dans l'assassinat du commandant Massoud perpétré le 9 septembre 2001 en Afghanistan. La cour a reconnu les trois principaux accusés, à l'"engagement djihadiste ancien et protéiforme", coupables d'avoir projeté un attentat en France. Elle a toutefois considéré qu'"aucun élément ne (permettait) d'affirmer qu'il s'agissait d'un attentat directement projeté depuis la Syrie par l'organisation Etat islamique". (Belga)