L'épargne des Belges s'est épaissie de quelque 23 milliards d'euros en 2020, dans le contexte de la crise sanitaire et des mesures de confinement. Un matelas un peu inattendu qui pourrait contribuer à alimenter la reprise économique une fois la sortie de crise amorcée.Ce n'est pas la moindre des surprises de cette crise du coronavirus décidément atypique: alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que les revenus des ménages chutent avec la crise, cela n'a pas été le cas. "Globalement, si on regarde d'un point de vue macroéconomique, c'est assez extraordinaire, et c'est grâce à l'action des pouvoirs publics, le revenu disponible des ménages n'a pas diminué", souligne le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch. "Mais c'est une crise qui est très asymétrique: il y a des gens qui ont perdu une partie substantielle de leurs revenus, des gens qui ont été très peu impactés et il y a même des gens qui ont gagné un peu plus que l'année précédente". Dans le même temps, le taux d'épargne des Belges a gonflé dans des proportions inédites en 2020, passant de 13% du revenu disponible en 2019 à près de 21% en moyenne en 2020. A titre de comparaison, le taux d'épargne avait connu un pic à 18% lors de la crise économique et financière de 2008. Cette hausse s'explique par une chute brutale de la consommation, elle-même due en partie à la conjoncture économique mais surtout aux mesures de confinement. Les commerces non alimentaires sont restés fermés pendant plusieurs semaines, l'horeca et les salons de coiffure pendant plusieurs mois et des restrictions de voyage restent d'application. Des consommateurs ont également eu peur ou n'ont pas eu le coeur, vu le contexte sanitaire, de sortir de chez eux faire du shopping. Cette situation inédite a conduit à l'accumulation d'une épargne substantielle en 2020, estimée à 23 milliards d'euros, et qui représente environ 10% du montant total de la consommation finale des ménages en 2019. Un surplus d'épargne qui pourrait être dépensé, en tout ou probablement en partie, une fois les restrictions actuelles levées. On parle dans ce genre de situation de "revenge spending": une sorte de consommation frénétique post-confinement. "Certains parlent d'un possible retour aux "Roaring Twenties", aux années folles (années 1920, NDLR). Ce n'est pas impensable. Il y a une grande incertitude autour de cette épargne, dans le sens positif. C'est un 'upside' potentiel dans les années qui viennent", souligne encore le gouverneur de la BNB. (Belga)