Vingt-et-un militaires et policiers sont jugés pour viols dans l'est de la République démocratique du Congo, en présence de 23 de leurs victimes, soutenues par la Fondation du prix Nobel et gynécologue Denis Mukwege, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.La justice militaire les juge depuis lundi dans la province du Sud-Kivu, a indiqué à l'AFP le major Alain Giongenga-Lwanzu, juge président. Ils sont poursuivis pour des "viols, violences sexuelles" commis au courant de cette année dans la plaine de la Ruzizi entre Bukavu et Uvira, dans une région déstabilisée par les groupes armés et le banditisme. Un groupe de 23 victimes se sont constituées partie civile. Comme lors d'autres procès ces dernières années, la Fondation Panzi du gynécologue congolais Denis Mukwege accompagne ces femmes victimes de violences sexuelles. M. Mukwege a reçu le prix Nobel de la paix en 2018 pour son travail de chirurgie réparatrice en faveur des femmes victimes de violences sexuelles en marge des conflits armés qui déstabilisent la région du Kivu depuis près de 30 ans. Sa Fondation veut également donner un accompagnement juridique aux victimes pour lutter contre l'impunité des chefs de guerre. Des "femmes de divers âges dont une fille de 9 ans, mais aussi un jeune garçon" font partie des victimes, selon la Fondation Panzi. Le procès veut être "pédagogique" pour "dissuader des hommes en armes de commettre des actes contraire à la loi comme prendre des femmes de force", a expliqué à l'AFP le capitaine Joseph Nganama, procureur militaire. C'est aussi un message pour que "les civils sortent de leur peur et sachent que le militaire n'est pas au-dessus de la loi", a-t-il ajouté. Les crimes ont été commis au courant de cette année 2020 dans plusieurs villages dont Luvungi, à la frontière avec le Burundi, selon l'accusation. Le verdict est prévu pour le 2 septembre, a indiqué le tribunal. (Belga)