Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a regretté mardi soir à Athènes qu'Ankara aille à l'encontre du "climat de confiance" nécessaire pour restaurer le dialogue entre la Turquie et la Grèce, avec le déploiement d'un navire d'exploration turc au large des îles grecques."Nous avons été très surpris par ce que nous avons observé ces derniers jours du côté turc", a déclaré le chef de la diplomatie allemande. L'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a entrepris une médiation entre la Turquie et la Grèce qui se disputent des zones riches en hydrocarbures en Méditerranée orientale. "Tout cela va à l'encontre de ce sur quoi nous nous étions entendus (lors du dernier sommet européen), c'est-à-dire d'essayer par tous les moyens diplomatiques d'apaiser l'intensité des tensions dans un climat de confiance", a estimé M. Maas, en visite à Athènes, selon la traduction des services du Premier ministre grec. La Turquie a annoncé lundi le redéploiement du navire Oruç Reis, notamment au large d'îles grecques, pour rechercher du gaz naturel. L'envoi de ce navire en août et septembre avait déclenché de vives tensions diplomatiques et militaires entre les deux pays membres de l'Otan. "Nous nous étions mis d'accord avec la Turquie pour reprendre les discussions exploratoires", a déclaré de son côté le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, après son entrevue avec M. Maas. "Mais au lieu d'avoir une date" pour la reprise du dialogue, "nous avons l'Oruç Reis qui se trouve sur le plateau continental grec. Nous ne pouvons pas discuter dans ces conditions", a assuré M. Mitsotakis mardi soir. Fin septembre, les deux pays s'étaient mis d'accord mis pour reprendre les pourparlers, interrompus depuis 2016, mais aucune date n'a été fixée, avait déploré Athènes. Depuis Nicosie, le chef de la diplomatie allemande avait également demandé mardi à la Turquie "que la fenêtre de dialogue qui vient de s'ouvrir avec la Grèce ne se referme pas en raison de mesures unilatérales". Ankara a décidé de dépêcher son navire dans la zone contestée quelques jours seulement après un précédent sommet européen au cours duquel la Turquie avait été menacée de sanctions. "Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition", avait averti la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le différend gréco-turc sera au menu du sommet européen organisé jeudi et vendredi à Bruxelles. (Belga)