Le directeur du Mémorial du camp de concentration allemand de Buchenwald, Volkhard Knigge, a déploré jeudi une recrudescence des provocations perpétrées par des visiteurs d'extrême droite qui relativisent l'ampleur des crimes commis par les nazis. Il y a de plus en plus de "perturbations ciblées et préparées des visites guidées", s'est inquiété M. Knigge dans le quotidien régional allemand "Neue Westfälische", alors que des dirigeants du monde entier sont réunis jeudi en Israël pour marquer le 75e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz (Pologne) par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. "Dans les livres d'Or se trouvent de plus en plus de messages dans lesquels le nazisme et les camps de concentration sont jugés bons et utiles pour les Allemands", a également regretté cet historien qui dirige le mémorial depuis 1994. Des militants d'extrême-droite se glissent parmi les groupes de visiteurs et attendent le moment opportun pour nier l'Holocauste ou mettre en doute le nombre de victimes, a-t-il expliqué. Ces interventions sont souvent filmées afin que les vidéos soient ensuite diffusées dans ces groupuscules extrémistes, selon lui. Ces incidents, a-t-il assuré, "sont un indice à prendre au sérieux que quelque chose se rompt en terme de conscience historique, de sensibilité humaine et d'orientation politique et démocratique". En réaction, les employés du Mémorial de Buchenwald ont été formés pour pouvoir répondre à ce genre d'incidents, a-t-il souligné. Le directeur du Mémorial du camp nazi de Bergen-Belsen (Allemagne), Jens-Christian Wagner, avait dressé un constat similaire au début du mois, pointant du doigt le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui prône notamment la fin de la culture de la repentance pour les crimes commis sous le IIIe Reich. Situé à quelque kilomètres de Weimar, le camp nazi de Buchenwald a vu quelque 56.000 personnes mourir par la torture, les expériences médicales ou l'épuisement jusqu'à sa libération en avril 1945. (Belga)