La cour d'assises spéciale de Paris, saisie d'une demande de mise en liberté par Ali Riza Polat, l'un des principaux accusés au procès des attentats de janvier 2015, a refusé d'y faire droit mardi."Il y a lieu de craindre par sa demande de mise en liberté qu'Ali Riza Polat cherche à entraver la poursuite des débats, en ne se présentant pas devant la cour", a expliqué le président de la cour, Régis de Jorna. Franco-turc de 35 ans, M. Polat est accusé d'avoir eu un rôle central dans les préparatifs des attentats, en aidant Amédy Coulibaly à se procurer l'arsenal utilisé dans les attaques de l'Hyper Cacher et de Montrouge, mais aussi celle de Charlie Hebdo, commise par les frères Kouachi. Il est le seul des onze accusés présents devant la cour d'assises - trois autres suspects sont jugés par défaut - à devoir répondre de "complicité", un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Lundi, en présentant sa demande de mise en liberté, il a réaffirmé son "innocence" et dit "ne pas comprendre" les raisons de sa présence dans le box des accusés. Il s'en est pris vivement mardi à la première partie civile venue témoigner, une ex-employée d'une société voisine de l'hebdomadaire satirique mise en joue par Chérif et Saïd Kouachi qui cherchaient les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. "L'attentat c'est comme une cicatrice, je la vois tous les jours. Et si je commence à la gratter, elle me fait mal. Il y a des maux qu'on peut pas exprimer par des mots", a déclaré cette femme. Elle a ensuite qualifié les accusés présents dans les box vitrés, soupçonnés de soutien logistique au trio djihadiste, de "terroristes", entraînant de vives protestations. "C'est bien Saïd et Chérif Kouachi qui sont entrés dans les locaux. Mais vous êtes qui vous?", s'est énervé Ali Riza Polat. La cour d'assises doit entendre dans l'après-midi les témoignages de six rescapés de l'attaque contre Charlie Hebdo, qui a fait dix morts dans les locaux du journal, dont les caricaturistes emblématiques Charb, Cabu et Wolinski. (Belga)