Le nouveau président dominicain Luis Abinader a prêté serment dimanche en présence notamment du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, pour un mandat de quatre ans au cours duquel il compte s'attaquer à la pandémie de Covid-19 et à ses conséquences. "Personne ne va être abandonné à son sort, parce que nous allons sortir ensemble de cette crise", a affirmé M. Abinader dans son discours d'investiture prononcé au perchoir du Congrès (Parlement) du pays caribéen. Tous les membres de l'assistance, vêtus de blanc comme le veut le protocole, portaient un masque de protection. Outre Jovenel Moïse, président d'Haïti, pays limitrophe de la République dominicaine, se trouvait notamment Mike Pompeo au premier rang. Selon les derniers chiffres du recensement américain, plus de deux millions de Dominicains ou de personnes d'origine dominicaine vivent aux Etats-Unis. Luis Abinader, un entrepreneur de 53 ans, a été élu lors de la présidentielle du 5 juillet, qui avait été reportée en raison de la pandémie. Selon les chiffres officiels, 86.309 cas ont été recensés pour 1.453 décès liés à la maladie dans ce pays de 11 millions d'habitants. Le nouveau président dominicain avait lui-même été testé positif en juin. Luis Abinader, membre du Parti révolutionnaire moderne (PRM, centre gauche), a succédé à Danilo Medina et ainsi mis fin à seize années de pouvoir du Parti de la libération dominicaine (PLD, centre gauche). Son mandat débute en pleine crise sanitaire et économique, née de la pandémie de Covid-19. Le secteur touristique, qui compte pour 8% du PIB dominicain, a été durement touché. Et selon la Cepal, la commission économique de l'Onu pour l'Amérique latine et les Caraïbes, l'économie du pays devrait se contracter de 5,3% en 2020. "La priorité est de créer les conditions permettant à la production et à l'emploi de repartir", a encore indiqué Luis Abinader dans son discours. L'autre point noir est la corruption qui a gangréné la classe politique dominicaine ces dernières années, notamment lors du scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du BTP qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin à de nombreux dirigeants politiques latino-américains. La République dominicaine était en 2019 au 137e rang (sur 180) dans le classement sur l'indice de perception de la corruption de l'ONG Transparency international. (Belga)