Les politiques, qui font volontiers usage des réseaux sociaux pour occuper l'espace médiatique, semblent avoir bien intégré les limites légales autour des discours incitant à la haine, qui sont en théorie punissables. Selon une étude menée par des chercheurs de l'UCLouvain et de la VUB, les personnalités en vue des partis postent peu de messages contenant des incitations claires à la haine, mais certains, principalement aux extrêmes, situent leur propos dans ce que l'on pourrait appeler une "zone grise", où règne la suggestion plutôt que l'affirmation.Les chercheurs ont analysé des messages postés sur Twitter et Facebook par tous les partis belges siégeant au Parlement, dans la période précédant les dernières élections fédérales, régionales et européennes, soit de janvier à mai 2019 (janvier-février et avril-mai). L'étude, portant sur les comptes du parti en lui-même, de son président et de quelques membres importants, a été réalisée pour le compte d'Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances. Ils ont observé que c'est davantage dans la zone grise d'un "langage implicite et indirect" que certains parviennent à suggérer que certains groupes de population représentent, à leurs yeux, un danger ou un problème. "Côté francophone, ces messages sont majoritairement produits par des candidats des Listes Destexhe et du Parti Populaire. Côté néerlandophone, les messages de la 'zone grise' proviennent du Vlaams Belang, et dans un nombre limité de cas, de la N-VA", communique l'UCLouvain. Ce qui ressort de l'analyse est que "l'on trouve peu de messages de 'zone grise' chez les personnalités politiques proéminentes. Il semble qu'elles ont conscience des limites juridiques qui existent", observe Barbara De Cock, chercheuse à l'Institut Langage et communication de l'université louvaniste. (Belga)