Le gouvernement français s'est réuni au grand complet dimanche pour faire le point avant le début d'une grève contre la réforme controversée des retraites défendue par Emmanuel Macron, qui s'annonce très suivie et risque de paralyser le pays à partir de jeudi."Il y a beaucoup de Français qui s'interrogent. Ce sont des questions qui sont parfaitement légitimes et qu'il faut entendre", a souligné dimanche le Premier ministre Edouard Philippe en ouvrant la réunion. "La liberté de manifester, la liberté de faire grève sont deux libertés auxquelles nous sommes tous évidemment attachés. Mais il y a aussi beaucoup de Françaises et de Français qui voudront travailler, qui voudront se déplacer. Il faut qu'ils puissent le faire dans les meilleures conditions possibles", a-t-il ajouté. Depuis plusieurs jours, l'exécutif multiplie les réunions pour établir une ligne de défense autour de cette réforme emblématique visant à instaurer un régime de retraites universel par points et à supprimer les régimes spéciaux. Le sujet, explosif en France, avait provoqué en 1995 un mouvement social sans précédent qui avait paralysé le pays pendant un mois et contraint le gouvernement à renoncer à sa réforme. Jeudi s'annonce déjà comme une journée noire, particulièrement dans les transports ferroviaire, routier et métropolitain, où les syndicats ont appelé à un mouvement illimité. La grève devrait être également suivie chez les contrôleurs aériens, les enseignants, les avocats, les éboueurs, le secteur de l'énergie... Plus de 150 manifestations sont prévues, dont une à Paris dans l'après-midi. (Belga)