Au moins une trentaine de personnes ont été interpellées samedi à Moscou lors d'une action d'opposition non-autorisée devant le siège du FSB, les services de sécurité russes. Les manifestants appelaient à la libération de militants d'extrême-gauche condamnés en février à de très lourdes peines de prison pour "terrorisme". Plusieurs d'entre-eux avaient affirmé lors de l'audience avoir été torturés par le FSB lors de leur détention. Samedi, certains protestataires, jeunes pour la plupart, portaient des pancartes hostiles au FSB, héritier des services secrets soviétiques, tandis que d'autres scandaient "C'est une honte! ". L'organisation russe OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, a fait état en fin d'après-midi de 41 interpellations, dont trois mineurs. Une jeune femme a eu la "jambe tordue" lors de son arrestation, précise l'ONG. Lev Ponomarev, un respecté défenseur des droits humains, actif depuis la fin des années 1980, fait partie des personnes arrêtées. Des images diffusées en direct le montraient expliquant à des policiers que les "piquets solitaires" n'étaient pas interdits en Russie, avant qu'il ne soit conduit vers un fourgon cellulaire. La technique des "piquets solitaires" est souvent utilisée par les protestataires russes pour s'exprimer sans avoir à obtenir une autorisation des autorités. Ils peuvent le faire à condition de respecter une distance de 50 mètres entre chaque manifestant. Le mois dernier, sept jeunes militants proche de l'extrême-gauche ont été condamnés dans la ville de Penza à des peines allant de 6 à 18 ans de prison pour "participation à une entreprise terroriste". Ces accusations ont été dénoncées comme fabriquées par plusieurs ONG de défense des droits humains tandis que des accusés ont rapporté des tortures aux électrochocs et des violences de la part du FSB. Deux autres jeunes hommes, accusés dans la même affaire, sont en attente de jugement à Saint-Pétersbourg. (Belga)