L'avocat de Grigory Rodchenkov, à l'origine des révélations sur le dopage organisé en Russie, a critiqué jeudi la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de réduire de moitié l'exclusion de la Russie des grandes compétitions mondiales, la qualifiant d'"absurde".Réduire la sanction de quatre ans, proposée l'an dernier par l'Agence mondiale antidopage, à deux ans "est absurde et immérité", a réagi Jim Walden dans un communiqué, ajoutant que la décision a été prise malgré "des preuves accablantes de corruption, de fraude au dopage et d'obstruction de la justice". "Le TAS a de nouveau montré qu'il n'était pas disposé et qu'il était incapable de traiter de manière significative de la criminalité systématique et de longue date de la Russie", a estimé l'avocat. "Que les millions de sportifs propres qui ont été et qui seront victimes des tricheries des sportifs russes sales à la suite de la décision du jour n'oublient pas qu'il y a une force nouvelle: la loi Rodchenkov Act donne maintenant au département de la justice le pouvoir d'intervenir pour combler le vide laissé par le TAS, qui banalise systématiquement la corruption de longue date et profondément enracinée de la Fédération de Russie", a-t-il jugé, en référence à la législation américaine qui permet à la justice américaine de poursuivre hors de ses frontières toute personne impliquée dans une affaire de dopage à l'échelle internationale. Pour Jim Walden, la législation américaine au travers du Rodchenkov Act, une loi controversée promulguée début décembre, s'avérerait bien plus efficace que le TAS afin de lutter contre le dopage. Jeudi, le TAS a exclu la Russie pour deux ans des grandes compétitions mondiales, dont les Jeux olympiques d'été de Tokyo en 2021 et ceux d'hiver de Pékin en 2022 pour avoir transgressé les règles antidopage, divisant par deux la recommandation de l'AMA. Les athlètes russes jamais sanctionnés pour dopage auront la possibilité de s'aligner sous bannière neutre. Le scandale avait éclaté en 2016 lorsque Grigory Rodchenkov, ex-directeur du laboratoire de Moscou, forcé de démissionner et désormais réfugié aux Etats-Unis, avait confirmé les accusations de dopage d'état, soutenu par l'État russe lors des Jeux olympiques d'hiver de 2014, organisés à Sotchi. (Belga)