L'Union européenne a condamné vendredi la décision "inacceptable" et injustifiée des autorités russes de sanctionner huit ressortissants européens, dont le président du Parlement et une commissaire, et a annoncé "des mesures appropriées" en réponse à ces sanctions."L'UE se réserve le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à la décision des autorités russes", ont averti dans une déclaration commune les présidents des trois institutions de l'UE. Les sanctions européennes sont une compétence des Etats membres de l'UE et l'unanimité est requise pour leur adoption. La Russie a interdit vendredi l'entrée sur son territoire à huit responsables européens, parmi lesquels le président du Parlement européen David Sassoli, la commissaire Vera Jourova, le procureur de Berlin Jörg Raupach et le député français Jacques Maire, le rapporteur spécial sur l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny à l'Assemblée parlementaire au Conseil de l'Europe (APCE). Moscou entend ainsi répondre à "la politique de mesures de restriction unilatérales illégitimes visant des citoyens et des organisations russes". L'UE a pris plusieurs trains de sanctions individuelles contre des fonctionnaires russes impliqués dans les procédures contre M. Navalny ou des responsables de violations de droits de l'homme avec la répression des manifestations. "Cette action est inacceptable, n'a aucune justification légale et est totalement dénuée de fondement", ont dénoncé le président du Parlement, le président du Conseil Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. "Elle vise directement l'Union européenne et pas seulement les personnes concernées", ont-ils estimé. "Cette décision est la dernière démonstration frappante de la manière dont la Fédération de Russie a choisi la confrontation avec l'UE au lieu d'accepter de redresser la trajectoire négative de nos relations bilatérales", ont-ils déploré. "Les menaces ne nous feront pas taire", a assuré David Sassoli. "Les efforts constants de la Russie pour semer la désinformation et porter atteinte aux droits de l'homme méritent une réaction forte et continue. Si c'est le prix à payer pour dire la vérité, alors je le paierai volontiers", a pour sa part affirmé la commissaire Vera Jourova. (Belga)