La pandémie liée au coronavirus a perturbé les soins de santé mentale dans plus de 100 pays dans le monde au moins. Lundi à Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à davantage de financement sur cette question. Selon un sondage qu'elle a mené auprès de 130 Etats de juin à août, 93% ont mentionné un impact de la pandémie sur les soins de santé mentale. Or, avant même le Covid, seuls 2% des enveloppes nationales sur la santé étaient dépensés pour répondre à ces pathologies. Et le coronavirus a augmenté les besoins. La séparation, les décès ou encore les pertes de revenus sont autant de composantes qui ont détérioré la situation. Les recours à l'alcool et à la drogue s'étendent et le Covid peut aboutir à des complications. Les personnes déjà affectées sont elles plus vulnérables à des infections au coronavirus. Parmi les indications du sondage, plus de 60% des pays interrogés déplorent des effets du Covid sur les soins pour ces populations plus exposées. Près d'un tiers ont fait face à un impact sur les interventions d'urgence et presque la même part relève des conséquences sur l'accès aux médicaments. Alors que 70% des pays ont recouru à la télémédecine pour atténuer les effets de ces perturbations, la situation est différente selon les Etats. Seuls un peu plus de 40% des pays pauvres ont pu lancer de tels dispositifs. Selon l'OMS, les ressources pour garantir des soins de santé mentale doivent constituer une composante de la réponse à la pandémie et des plans de relance. L'organisation demande aussi aux gouvernements de suivre la situation sur cette question. Seul un peu plus de 15% des pays ont prévu un financement additionnel. (Belga)