Les dirigeants de l'UE réunis en sommet à Bruxelles peinaient toujours, dans la nuit de lundi à mardi, à s'accorder sur le ton à employer vis-à-vis de la Turquie, alors que Chypre a lié ce dossier aux sanctions à prendre contre le régime du président du Bélarus Alexandre Loukachenko. Une nouvelle pause a été décidée vers minuit par le président du Conseil européen Charles Michel, afin de mener de nouveaux pourparlers en format restreint. Chypre, confrontée tout comme la Grèce à la pression d'Ankara qui prospecte en Méditerranée orientale pour des gisements d'hydrocarbures, a lié son feu vert à des sanctions contre le pouvoir en place au Bélarus à une position ferme de l'UE contre la Turquie. Les prospections turques ne sont pas le seul élément qui irrite les Européens, méfiants aussi vis-à-vis de soutiens turcs en Libye et suspicieux vis-à-vis de djihadistes syriens qui seraient arrivés au Nagorny Karabakh après être passés par la Turquie. Les décisions de l'UE en politique étrangère devant être prises à l'unanimité, le Conseil doit trouver un ton suffisamment dur pour satisfaire Nicosie, sans pour autant compromettre le dialogue que Grèce et Turquie se sont engagés à reprendre. Charles Michel cherche à établir un dialogue constructif avec la Turquie, sans exclure des sanctions au cas où la situation empire. Après en avoir débattu dans l'après-midi et en début de soirée sur base d'une première proposition de compromis, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont suspendu cette discussion pour mener de premières réunions en comité restreint. Pendant le dîner, ils ont abordé le dossier du Nagorny Karabakh, ainsi que celui de l'empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny. Ils sont ensuite revenus sur le dossier turc sur base d'une nouvelle proposition de compromis. Mais on n'y est pas encore, et une nouvelle pause a été décidée. (Belga)