Face aux constats des conditions de vie des habitants de la rue rendues encore plus compliquées en période de pandémie, quatre associations - le Front Commun SDF, Solidarité Bitume, l'Union Bruxelloise des SDF et Rom en Rom - formulent des suggestions comme la réquisition d'hôtels pour les personnes sans-abris ou la participation d'étudiants dans les restaurants sociaux. Les organisations partent du constat que les abris de jours sont désormais fermés, de même que la plupart des douches avec possibilité de petits soins médicaux. Elles notent aussi que bien souvent les bénévoles sont des personnes âgées et que par conséquent des asbl offrant à un accès des restaurants sociaux, douches ou consignes, se voient dès lors mises en difficulté, vu la vulnérabilité de cette frange de la population au Covid-19. Par ailleurs, les paiements en liquide sont de plus en plus en refusés, ou plusieurs personnes en précarité ne disposent pas de carte bancaire. Dès lors, pour remédier à ces situations problématiques pour les habitants de la rue, les associations suggèrent que "les étudiants post secondaires, principalement celles et ceux qui sont dans des écoles sociales, remplacent des personnes âgées pour que des restaurants sociaux, douches, consignes, puissent continuer une activité réduite". Elles prient les caissiers de services de première nécessité d'accepter l'argent liquide "quand il n'y a pas moyen de faire autrement", en utilisant par exemple des gants et/ou du désinfectant. Mais les associations voient aussi l'opportunité de réquisitionner temporairement des logements vides "afin d'y loger des habitants de la rue qui doivent être confinés à domicile". Elles notent que Charleroi et Bruxelles l'ont déjà fait. "Il vaut même mieux louer des hôtels ou réquisitionner comme à Bruxelles car bien des hôtels sont vides et cela empêche d'énormes frais d'aménagement de logements vides réquisitionnés. De plus la réquisition demande trop de temps", pointent encore les associations. Elles suggèrent enfin d'installer des toilettes de chantier accessibles aux habitants de la rue et de garder les lieux de "consommation" ouverts tout en préservant la distance physique comme c'est le cas à Liège. (Belga)