Deux policiers ont dû répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Bruxelles jeudi après-midi pour avoir saisi la caméra de deux journalistes et effacé les images qu'ils avaient tournées. Selon le parquet, les officiers devaient savoir qu'ils ne pouvaient pas confisquer le matériel et ni supprimer le contenu enregistré ce jour-là.Les faits avaient eu lieu le 15 octobre 2015 en marge d'une manifestation contre les traités commerciaux de libre échange TTIP et Ceta dans le quartier européen à Bruxelles. La police avait alors arrêté une soixantaine de manifestants, parmi lesquels se trouvaient également deux journalistes de Zin TV. Tous avaient été libérés quelques heures plus tard près de la porte de Hal et les deux journalistes avaient alors immédiatement commencé à filmer la libération des autres personnes. Un inspecteur de police les avait directement abordé et, après une discussion, saisi leur appareil photo pour ensuite le remettre à son supérieur. Ce dernier aurait alors effacé toute le contenu des cartes-mémoire de l'appareil, y compris les images récoltées durant le reste de la journée. Pour le parquet de Bruxelles, l'inspecteur en chef s'est rendu coupable de vol d'usage et de sabotage informatique, et l'inspecteur de vol d'usage. Les faits ayant eu lieu il y a cinq ans, le ministère public a accepté une simple déclaration de culpabilité. Les deux journalistes, Zin TV et Attac Bruxelles (association militant pour une action citoyenne, NLDR) ont, eux, demandé un dédommagement matériel de 4.000 euros et moral de 1 euro. "C'est une question de principe", a insisté maître Mieke Van den Broeck. "Distribuer des images reconnaissables des policiers n'est pas permis mais filmer la police reste un droit fondamental dans une société démocratique." La défense des deux policiers a, elle, plaidé l'acquittement. Selon les avocats des agents, les deux journalistes ne se sont pas identifiés comme tels et il n'a pas été question de vol. L'inspecteur en chef a en outre contesté avoir effacé les images. Le tribunal rendra son jugement le 21 janvier. (Belga)