Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a examiné, jeudi, un dossier à charge d'un habitant de Waterloo né en 1974 et poursuivi pour des préventions de viol et d'attentat à la pudeur commises à l'encontre de mineures de moins de 16 ans. Les deux victimes sont la belle-fille du prévenu, alors qu'elle était âgée de 10 à 14 ans, ainsi que la nièce de sa compagne, alors qu'elle avait entre 12 et 14 ans. L'homme concède des "comportements inadéquats" mais sans intention sexuelle, et nie les viols. Le ministère public, lui, a requis six ans d'emprisonnement ferme.La belle-fille du prévenu a gardé le silence pendant plusieurs années sur les faits. Mais alors qu'elle allait avoir 18 ans, elle a eu peur que sa petite soeur, âgée d'une dizaine d'années, subisse à son tour les assauts de son beau-père. Elle a alors révélé avoir fait l'objet d'attouchements et de pénétrations digitales durant plusieurs années. L'experte qui a visionné son audition vidéofilmée par la police a estimé que le récit avait une haute probabilité de réalité. Il est apparu au cours de l'enquête que la nièce de la compagne du suspect avait également subi le même type de comportements de la part du prévenu, ce qu'elle a confirmé aux policiers. Le Waterlootois, lui, nie farouchement les faits de viol. Il a décrit au tribunal, jeudi, un mode de vie particulier: adepte du naturisme, il vivait nu chez lui à l'époque des faits, et demandait à toute la famille de faire de même. Si la règle n'a plus été suivie lorsque les fillettes sont devenues adolescentes, elle restait absolue pour rentrer dans la chambre des parents: il fallait enlever ses habits. Dès lors, avec le recul, le prévenu a concédé que certains jeux, massages, chatouilles ou taquineries, en l'absence d'habits, pouvaient paraitre des comportements inadéquats vis-à-vis de mineures d'âge. Mais il a affirmé qu'il n'y avait pas d'intention sexuelle et qu'il n'était d'ailleurs pas du tout attiré par les enfants. Le ministère public et les parties civiles, en revanche, parlent d'inceste, de viols et de faits extrêmement graves commis par un manipulateur dont le discours, aujourd'hui encore, n'est pas rassurant. D'où les six ans de prison ferme requis jeudi. Le tribunal dira ce qu'il en pense le 4 février. (Belga)