Le parti du président tchadien récemment décédé Idriss Déby Itno a réitéré mardi son soutien à la junte qui a pris le relais, mais "exigé" une modification de la "charte de transition" pour interdire aux membres du gouvernement de se présenter à de futures élections.Le Mouvement patriotique du Salut (MPS) "exige l'introduction dans la charte de transition d'une disposition interdisant au Premier ministre et aux membres du gouvernement de transition de se présenter aux futures consultations électorales", selon un communiqué signé par Mahamat Zen Bada, secrétaire général du MPS. A l'annonce de la mort du maréchal-président Déby, un Conseil militaire de transition (CMT) été installé, avec à sa tête Mahamat Idriss Déby, fils du défunt chef de l'Etat. Entouré de 14 généraux, tous fidèles à son père, il s'est arrogé le titre de président de la République et a promis des élections "libres et démocratiques" dans 18 mois. Il a ensuite nommé Premier ministre de transition un ancien Premier ministre de son père, Albert Pahimi Padacké, arrivé deuxième à la présidentielle du 11 avril et dont le parti, le Rassemblement national pour la Démocratie au Tchad (RNDT), est réputé proche du pouvoir. Dimanche, la junte a formé un gouvernement de transition de 40 membres, dont beaucoup occupaient des fonctions ministérielles sous Idriss Déby Itno. M. Padacké a "un poste stratégique qui lui permet de se faire des moyens et se positionner pour les futures échéances", a estimé à l'AFP un membre du bureau politique du MPS ayant requis l'anonymat. La scène politique est fracturée depuis la mort d'Idriss Déby Itno qui a dirigé le Tchad d'une main de fer durant 30 ans. Plusieurs partis d'opposition, dont celui du principal opposant Saleh Kebzabo, ont rejoint le gouvernement de transition, tout comme Mahamat Ahmat Alhabo, autre opposant, nommé ministre de la Justice. Un Conseil national de transition (CNT), qui doit faire office de Parlement durant la transition, doit encore être nommé. Une mission d'enquête de l'Union africaine sur la situation politique et sécuritaire est au Tchad pendant une semaine. Elle doit produire un rapport pour permettre à l'UA de déterminer si elle prendra des sanctions contre le pays d'Afrique centrale. (Belga)