L'Iran a mis en garde samedi contre toute "intrusion" sur son territoire par les forces arméniennes et azerbaïdjanaises engagées dans des combats au Nagorny Karabakh, après que des mortiers ont frappé des villages iraniens le long de la frontière. "Toute intrusion sur le territoire de notre pays par l'une ou l'autre des parties au conflit est intolérable (et) nous mettons sérieusement en garde toutes les parties de prendre les précautions nécessaires à cet égard", a indiqué un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères, publié sur son site officiel. Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant au début des années 1990 une guerre qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi gelé depuis malgré des heurts réguliers, comme ceux qui ont repris depuis une semaine entre Bakou et Erevan. Plusieurs mortiers ont atterri dans des villages iraniens situés de l'autre côté de la frontière avec le Nagorny Karabakh depuis lundi, selon l'agence officielle Irna. Un enfant de six ans a été blessé mercredi après que cinq mortiers ont frappé le village de Parviz Khanlou, dans la province de l'Azerbaïdjan oriental, endommageant des exploitations agricoles et des bâtiments résidentiels. Selon Irna, le vice-gouverneur d'Ardabil, Behrouz Nedaï, a appelé les citoyens à rester à l'écart de la zone de conflit "compte tenu l'intensité des combats". D'après Irna, "un grand nombre" de ceux qui vivent le long de la frontière dans la province d'Ardabil "regardent chaque jour les échanges de tirs entre Bakou et Erevan". La République islamique compte une communauté de langue azérie d'environ dix millions de personnes, ainsi qu'une communauté arménienne d'un peu moins de 100.000 personnes. Dans le communiqué de samedi, la République islamique a renouvelé son appel auprès des belligérants à mettre fin à des combats, se déclarant prêt à aider l'Arménie et l'Azerbaïdjan à lancer des pourparlers. (Belga)