Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l'Union européenne ne sont pas parvenus lundi à se mettre d'accord pour formellement approuver l'imposition de sanctions à toute une liste de responsables bélarusses, même s'il y avait "une volonté claire" de le faire, a rapporté à l'issue de la réunion Josep Borrell, le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. Valider ces sanctions nécessitait l'unanimité des 27, dont les ministres étaient réunis à Bruxelles. Mais "nous n'avions pas cette unanimité aujourd'hui", a indiqué l'Espagnol. Il a donc renvoyé la question vers les chefs d'État et de gouvernement, qui se réuniront en fin de semaine (jeudi-vendredi) à Bruxelles, lors d'un sommet européen extraordinaire. L'UE a déjà préparé une liste d'une quarantaine de personnes qu'elle voudrait sanctionner, les jugeant responsables de la violente répression de l'opposition au Bélarus à la suite des élections présidentielles de début août, et de la falsification de ces mêmes élections. Mais Chypre continue de bloquer le feu vert final, car l'île veut que l'on sanctionne en même temps des responsables turcs, pour la poursuite des missions exploratoires d'Ankara à la recherche de gisements gaziers dans les eaux chypriotes ou grecques. La reprise des tensions avec la Turquie est justement le principal dossier au menu du sommet de fin de semaine. Lundi matin, avant la réunion, les ministres des Affaires étrangères avaient rencontré la figure de proue de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa. S'ils ne sont pas parvenus à s'accorder sur les sanctions, ils ont malgré tout "envoyé un signal fort", affirme le Haut représentant Borrell. "Nous ne reconnaissons pas la légitimité de Loukachenko", le président du Bélarusse qui se déclare vainqueur par les urnes. Et "nous considérons falsifié le résultat des élections", a-t-il répété. L'UE voit comme issue idéale à la crise "de nouvelles élections libres, sous supervision de l'OSCE", l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Face aux critiques de Moscou, qui soutient Loukachenko et accuse l'Union européenne de vouloir s'immiscer dans la politique biélorusse, Josep Borrell répond que les 27 n'ont "pas d'agenda caché". "Bien sûr que nous soutenons l'indépendance du Bélarus. Et c'est son peuple qui doit lui-même choisir son futur", a-t-il expliqué face aux journalistes. (Belga)