Début octobre, le ministre wallon des Aéroports, Jean-Luc Crucke, avait pointé "le manque de projections financières permettant de connaître précisément les mesures à mettre en oeuvre afin de faire face à l'impact de la crise" et d'assurer la pérennité de l'aéroport de Charleroi(BSCA). Deux semaines plus tard, "je ne bénéficie toujours pas des projections sollicitées", a indiqué lundi le ministre, en commission du parlement régional. Ce dernier a pourtant porté le point au gouvernement qui s'est penché sur le dossier. Dans ce cadre, l'exécutif régional a émis une recommandation au Conseil d'administration de BSCA "visant à renforcer et réorganiser la structure actuelle du management afin qu'il lui communique en urgence une projection des besoins financiers à court et moyen terme ainsi qu'un plan d'action à très court terme, garantissant la viabilité de l'activité", a expliqué M. Crucke. La mise sur pied d'un business plan intégrant la vision stratégique de BSCA à 10 ans et lui permettant d'assurer une activité commercialement, financièrement et socialement durable dans un contexte post-covid a également été demandée. "Le gouvernement m'a en outre donné mandat afin de clarifier les intentions de l'actionnaire privé en vue de pouvoir initier toute mesure structurante pouvant être jugée nécessaire au redéploiement de l'aéroport", a poursuivi le ministre qui a par ailleurs été chargé de "prendre les contacts utiles dans le but de renforcer la gouvernance de BSCA en révisant la composition de son Conseil d'administration à l'image de la modification opérée récemment au niveau de Liege Airport". "Il m'est ainsi demandé de soumettre une proposition concertée et tenant compte de la nécessité de revoir les statuts et la convention d'actionnaires du 5 juin 2009 de la société", a encore expliqué Jean-Luc Crucke aux différents parlementaires qui l'interrogeaient. Néanmoins, "il n'appartient, ni au ministre de tutelle, ni au gouvernement, de s'immiscer dans la gestion de la structure et les mesures éventuelles à mettre en œuvre au niveau du management incombent bien au conseil d'administration. La recommandation formulée va donc en ce sens, conformément aux dispositions de la convention d'actionnaires et des statuts", a-t-il ajouté. "L'actionnaire privé est ouvert à la proposition de revoir la composition du conseil d'administration", a enfin affirmé Jean-Luc Crucke qui s'est récemment entretenu avec les administrateurs de BSCA. "Ce contact s'est révélé tant positif que constructif et nous allons poursuivre les discussions", a-t-il conclu. (Belga)