La Belgique s'est jointe à Malte et à d'autres pays de l'Union européenne pour combattre devant la Cour de justice de l'UE les nouvelles règles restreignant les possibilités de cabotage pour les transporteurs routiers, a annoncé vendredi le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet.La réforme européenne du transport routier, adoptée l'an dernier, apporte bon nombre de nouveautés permettant d'améliorer les conditions de travail des routiers et de réduire les distorsions de concurrence. La Belgique l'a soutenue, sauf sur un point: les restrictions imposées au cabotage, ce système qui permet aux routiers de réaliser plusieurs chargements et déchargements intermédiaires dans un autre pays avant de rentrer à leur base. Spécialisées dans les courtes distances à l'international, bon nombre d'entreprises de transports belges en profitent vis-à-vis de leurs concurrentes en France et en Allemagne, qui s'en plaignent. Dans le compromis qui a été trouvé, une période de carence obligatoire de quatre jours a été introduite entre les opérations de cabotage dans un même pays. Les camionneurs belges qui partaient de Belgique conduire des marchandises par exemple en France, où ils faisaient trois opérations de cabotage avant de rentrer profiter de leur week-end en Belgique pour repartir la semaine suivante, ne peuvent donc plus le faire aussi facilement. Le précédent ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), avait déjà dit que la Belgique envisageait une action devant la Cour de Justice de l'UE, en concertation avec les Régions. Son successeur Georges Gilkinet (Ecolo) prend le relais, avec l'appui de Mme Peeters (Open Vld) et des autres ministres régionaux, le Wallon Philippe Henry (Ecolo) et la Bruxelloise Elke Van den Brandt (Groen). "La viabilité et l'avenir de nos firmes de transport sont en jeu. Je ferai le maximum pour que les nouvelles règles de cabotage soient modifiées", a commenté Mme Peeters. Mais cette action en justice n'est pas du goût de tout le monde dans le secteur: le syndicat socialiste FGTB-UBT défend l'équilibre qui a été trouvé dans le "paquet mobilité" voté l'été dernier. "Le paquet mobilité est le compromis d'années de négociations entre la Commission européenne et les partenaires sociaux. En rejoignant maintenant sept autres pays européens, la Belgique montre son affreux visage. Nous, les syndicats, aurions également aimé voir certaines choses dans le paquet mobilité. L'introduction immédiate du tachygraphe numérique et l'obligation pour tous les véhicules de transport professionnels d'être équipés d'un tachygraphe ont été abandonnées. Mais nous, contrairement aux employeurs, nous avons pu nous résigner au compromis trouvé". Pour le syndicat, la Belgique sape la lutte contre le dumping social et la concurrence déloyale dans le secteur des transports. Le ministre Gilkinet, en revanche, assure qu'il "soutient pleinement les mesures sociales fortes et positives prises par l'Union Européenne dans le 'Mobility Package I' pour lutter contre le dumping social et améliorer grandement les conditions de vie des chauffeurs routiers, toutes nationalités confondues." Il demande une révision des règles de cabotage en introduisant "des alternatives crédibles et viables". "Le cabotage, régulé de manière équitable, est une pratique positive pour la logistique et pour l'environnement, dès lors qu'il permet d'éviter des trajets à vide. C'est une démarche complémentaire au transport ferroviaire et fluvial de marchandises", selon le ministre Ecolo. (Belga)