Une modernisation de l'union douanière entre l'Union européenne et la Turquie peut s'envisager dans la perspective d'une relance durable des relations entre la Turquie et les Européens, a indiqué jeudi soir la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, après une rencontre à Bruxelles avec son homologue Mevlüt Çavusoglu.Le chef de la diplomatie turque est à Bruxelles pour tenter de renouer un dialogue en vue d'une normalisation des relations entre l'UE et Ankara, après des mois de revirements du président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce jeudi, il a notamment rencontré la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, avant de s'entretenir ce vendredi avec le président du Conseil Charles Michel et le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. Les Européens, qui ont pris la décision en décembre de sanctionner les actes illégaux et agressifs d'Ankara, sont disposés au dialogue, mais réclament auparavant "des gestes crédibles" d'Ankara sur le terrain, ont-ils fait savoir. Mme Wilmès n'a pas dit pas autre chose à l'issue d'une rencontre avec M. Çavusoglu, qui s'est déroulée "dans un climat franc", selon ses mots. "Il y a un agenda positif sur la table dans lequel s'inscrire si la Turquie s'engage dans une désescalade en Méditerranée orientale et règle ses différends par le dialogue et dans le respect du droit international", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Nous avons également acté l'annonce faite par le gouvernement turc au sujet d'un plan de réformes dans le domaine des droits humains. Nous attendons de voir cette intention se concrétiser." La Belge a aussi souligné la bonne coopération des deux pays dans le dossier des combattants terroristes étrangers ("Foreign Terrorist Fighters"). Belgique et Turquie se sont encore parlé mercredi concernant leurs liens commerciaux. "Nos exportateurs sont confrontés à un certain nombre d'obstacles. Nous en avons appelé à une mise en œuvre complète de l'union douanière en vigueur actuellement. Une modernisation de cette union peut s'envisager dans la perspective d'une relance durable des relations entre la Turquie et les Européens", selon la vice-Première ministre MR. La Turquie, de son côté, veut discuter du renouvellement de l'accord sur les migrations conclu avec l'UE, du projet de conférence internationale sur la Méditerranée orientale proposé par Charles Michel, de la libéralisation des visas promise par l'UE et de la modernisation de l'Union douanière, avait indiqué plus tôt dans la journée M. Çavusoglu. Les sujets de tensions sont nombreux: contentieux avec la Grèce et Chypre, implication d'Ankara dans les conflits en Syrie, en Libye et au Haut Karabakh, brouille avec Paris, violations de l'embargo de l'ONU en Libye sur les armes, actions militaires agressives en Méditerranée orientale. Concernant le Haut-Karabakh, "le cessez-le-feu doit tenir", a exhorté Mme Wilmès. "Le Groupe de Minsk est le seul forum légitime pour la résolution du conflit", a-t-elle ajouté alors que la Turquie revendique un nouveau format de négociations dont elle serait partie prenante. (Belga)