Le sommet de paix sur l'Ukraine avec la Russie, sous médiation franco-allemande, attendu initialement en avril, n'aura lieu qu'après une atténuation de la pandémie du nouveau coronavirus, a déclaré mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "À cause du coronavirus, tous les pays s'occupent de leurs propres problèmes", a reconnu M. Zelensky lors d'une conférence de presse. "C'est compliqué mais nous en avons discuté avec l'Allemagne et la France et tout le monde est d'accord pour avoir une réunion du format de Normandie (le nom de ces pourparlers de paix, ndlr) aussitôt que la pandémie aura fléchi", a-t-il ajouté. M. Zelensky s'est par ailleurs de nouveau déclaré favorable à des négociations directes avec Vladimir Poutine même si ses détracteurs craignent que le jeune chef de l'État, en poste depuis un an, ne fasse des concessions inacceptables à l'homme fort de la Russie. "Même si la société est divisée vis-à-vis des négociations directes entre le président Zelensky et le président Poutine, je suis sûr que nous devons le faire", a estimé le chef de l'État. "Il y a des choses que tu ne peux comprendre qu'en tête-à-tête", a-t-il argué. En décembre, un sommet de format "Normandie" organisé à Paris, sous la médiation de la chancelière allemande Angela Merkel et le chef de l'État français Emmanuel Macron, avait permis quelques timides avancées dans le processus de paix dans l'est de l'Ukraine. Après cette première rencontre entre MM. Zelensky et Poutine, les quatre dirigeants s'étaient donné rendez-vous quatre mois plus tard, en avril, mais l'absence de progrès dans la mise en oeuvre des décisions annoncées à Paris et surtout la pandémie l'ont mis en suspens. La guerre avec les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 13.000 morts et près de 1,5 million de déplacés depuis son déclenchement en 2014. Les accords de paix signés à Minsk en 2015 sous la médiation internationale ont permis une réduction considérable des violences, mais le règlement politique n'a pas avancé depuis. (Belga)