Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a estimé dimanche qu'un accord post-Brexit entre Londres et Bruxelles est "très difficile" mais "très faisable", des différences persistant sur plusieurs sujets, parmi lesquels la pêche. Alors que l'échéance de fin de la période de transition à la fin de l'année approche de plus en plus, les négociations se sont poursuivies cette semaine à Londres et doivent reprendre la semaine prochaine à Bruxelles dans l'espoir de conclure un accord de libre-échange qui entrerait en vigueur au 1er janvier. "Nous manquons de temps" compte tenu des délais de ratification d'un accord du côté des 27, a déclaré le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney sur la chaîne britannique Sky News. "Nous devons faire de gros progrès cette semaine", a-t-il ajouté, espérant qu'un accord "de principe" puisse être trouvé sur les pommes de discorde qui subsistent - modalités de résolution des différends, conditions de concurrence équitable et pêche. Un accord à la fois "très difficile" et "très faisable", a jugé M. Coveney. Selon le Sunday Times, le Royaume-Uni veut se voir réserver plus de la moitié des stocks de poisson dans ses eaux, l'UE demandant que moins de 20% soient réservés à la flotte britannique. "Les poissons n'ont pas de passeport", a souligné Simon Coveney: "la plupart des maquereaux capturés dans les eaux écossaises sont nés au large de la côte ouest de l'Irlande", où ils grandissent avant de "nager, adultes, dans les eaux écossaises où ils sont attrapés, par les flottes européennes et britannique". Le ministre irlandais a par ailleurs souligné que si le Royaume-Uni persistait dans sa volonté de réintroduire dans son projet de loi sur le marché intérieur des dispositions qui visent à permettre au gouvernement de Boris Johnson de s'affranchir de certaines dispositions de l'accord de Brexit conclu il y a moins d'un an, l'UE ne ratifierait pas un accord de libre-échange. "Je crois qu'il y a" côté européen le "point de vue unanime que si le gouvernement britannique décide délibérément d'enfreindre le droit international et de saper un traité qui n'a même pas douze mois, pourquoi l'UE signerait un nouvel accord quand le Royaume-Uni rompt celui qui existe ? ", a-t-il expliqué. (Belga)