Le président français Emmanuel Macron a relayé lundi des "espoirs possibles de compromis", en arrivant vers 13h00 au bâtiment Europa où se prolonge un délicat sommet européen débuté vendredi matin. Comme le président du Conseil européen Charles Michel la veille au soir, qui avait prononcé au dîner un discours mettant en avant le besoin d'"unité" et de "confiance" entre les 27, le président français a lancé un appel à l'"esprit de compromis" et à l'"ambition" commune. "Ne pas aujourd'hui être au rendez-vous de l'esprit de compromis et de l'ambition, c'est prendre le risque de revenir à des moments plus durs, et, pour certains qui sont soucieux de cela, qu'au final cela nous coûte plus cher", a déclaré la Français, dans un appel assez clair aux pays dits "frugaux" ou "pingres" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark, et Finlande dans une moindre mesure) qui rechignent à délier les cordons de la bourse au bénéfice des pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19. Le sommet, avec au menu le cadre budgétaire de l'UE des 7 prochaines années ainsi qu'un fonds de relance inédit qui serait financé par un emprunt commun sur les marchés financiers, joue les prolongations depuis samedi soir. Il était initialement prévu sur les seules journées de vendredi et samedi, mais les chefs d'État et de gouvernement des 27 ont étalé leurs divergences sur plusieurs points cruciaux des deux paquets financiers sur la table. De dimanche à lundi, les tractations se sont poursuivies durant la nuit, jusqu'à près de 6h00 du matin. Les dirigeants doivent se retrouver en plénière à partir de 16h00, dans ce que de nombreux observateurs qualifient déjà d'un des plus longs sommets de l'histoire européenne. Dans les nombreuses réunions en petits groupes qui ont ponctué les journées de négociations, le couple franco-allemand a clairement pris le leadership de la solidarité, pesant de tout son poids dans la balance pour convaincre les "frugaux" de la nécessité d'un fonds de relance maintenu à 750 milliards d'euros, avec une forte proportion de subventions (plutôt que des prêts). Paris et Berlin sont aussi sur la même ligne que la Commission et que la présidence du Conseil européen en ce qui concerne le lien entre financements et respect de l'État de droit, ce qui gêne du côté de la Pologne et de la Hongrie, entre autres. "Rien n'est encore acté, je resterai donc extrêmement prudent", a indiqué Emmanuel Macron lundi à son arrivée sur les lieux du sommet. Mais "nous avons beaucoup avancé sur les règles de fonctionnement du fonds de relance", ainsi que vers un possible "accord sur le montant total du fonds et la part de subventions, ce qui reste le sujet le plus sensible". "Il faut maintenant qu'on rentre dans les détails de la nouvelle proposition", ajoute-t-il, saluant le fait qu'il y ait "un esprit de compromis". Parmi les sujets qui restent à régler, selon le Français: "la conditionnalité climatique" et le respect de l'État de droit. (Belga)