Plus de 100 ans après la déclaration Balfour, des avocats palestiniens ont attaqué en justice jeudi le gouvernement britannique, tenu responsable pour ce texte ayant ouvert la voie à la création de l'Etat d'Israël et dont découle "la souffrance des Palestiniens". Signée en 1917 par le chef de la diplomatie britannique Arthur Balfour, cette déclaration indique que Londres apporte son soutien à "l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif". Cette initiative de Londres, qui règne alors sur la Palestine mandataire, avait été une étape importante dans le processus qui allait conduire en 1948 à la création de l'Etat d'Israël, mais aussi au déplacement de quelque 750.000 Palestiniens et à des décennies de conflits. Les plaignants, dont la démarche est avant tout symbolique, considèrent le gouvernement britannique responsable d'une déclaration "sinistre" et demandent des indemnisations pour les Palestiniens lésés, sans fixer de somme. "Le mandat britannique est à la racine de la souffrance du peuple palestinien et a ouvert la voie à la violation de leurs droits et au pillage de leur terre", a affirmé Mounib al-Masri, à la tête de l'Assemblée nationale des travailleurs indépendants lors d'une conférence de presse à Ramallah. La plainte a été déposée jeudi auprès du tribunal de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, au nom de la Fondation pour le suivi des droits des Palestiniens, du syndicat des journalistes palestiniens et de l'Assemblée nationale des travailleurs indépendants. La déclaration Balfour, adressée au Lord Walter Rothschild, un éminent sioniste britannique, demandait également à ce que "rien" ne soit "fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine, ou aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays". (Belga)