Une commission parlementaire a conclu jeudi que la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon avait "trompé" le Parlement au sujet d'accusations d'agressions sexuelles contre son prédécesseur, selon les médias locaux, accentuant la pression sur la dirigeante indépendantiste à moins de deux mois d'élections cruciales.La commission chargée de faire la lumière sur la gestion par le gouvernement local des accusations visant l'ex-Premier ministre et dirigeant du SNP Alex Salmond, blanchi par la justice en 2020, a conclu par cinq voix contre quatre qu'il existait une contradiction dans le récit de Nicola Sturgeon au sujet d'une réunion au début de l'affaire, selon plusieurs médias locaux. Le rapport de la commission est attendu en début de semaine prochaine, mais une telle conclusion risque d'intensifier les appels à la démission de Nicola Sturgeon, dont le parti indépendantiste, le SNP, veut faire du scrutin du 6 mai un tremplin en vue d'un nouveau référendum sur l'indépendance. Le 3 mars devant la commission, Nicola Sturgeon avait assuré avoir agi "de manière appropriée" et jugé "absurdes" les accusations de complot formulées par son ancien mentor. "La Première ministre a dit la vérité à la commission pendant huit heure et maintient ses propos", a déclaré un porte-parole de la dirigeante écossaise, dénonçant les préjugés des membres de l'opposition qui siègent dans cette commission avant même qu'elle ne dépose devant eux. Cette affaire fratricide empoisonne les indépendantistes, qui espèrent remporter un succès électoral pour obtenir l'organisation d'un nouveau référendum d'autodétermination pour l'Ecosse. Le Premier ministre britannique Boris Johnson refuse fermement, estimant que la question a été réglée par un référendum en 2014, mais les sondages ont donné ces derniers mois une majorité en faveur de l'indépendance. Alex Salmond a longtemps été l'homme fort de l'Ecosse, dirigeant pendant 20 ans le SNP, dont il a fait le premier parti. En 2014, il avait jeté l'éponge après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance. Il a été acquitté en mars 2020 par un tribunal écossais de 13 accusations d'agressions sexuelles et de tentatives de viol contre neuf femmes entre juin 2008 et novembre 2014. Dès 2019, le gouvernement écossais avait admis avoir mal géré l'enquête interne sur les plaintes portées à l'encontre de M. Salmond par deux femmes et avait alors accepté de lui verser plus de 500.000 livres (579.000 euros) pour couvrir ses frais de justice. (Belga)