Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances, a ouvert l'an dernier 133 dossiers concernant des discriminations de personnes LGBT, soit un nombre record, a-t-il annoncé vendredi.Sur les 133 dossiers ouverts, 35 concernaient des personnes homosexuelles discriminées ou harcelées sur leur lieu de travail. Des secteurs variés sont concernés et ces dossiers traitent aussi bien de relations conflictuelles avec un collègue ou un supérieur que de l'organisation ou des conditions de travail. Unia souligne toutefois que de nombreux cas de discrimination ne lui sont pas signalés. Selon une récente enquête de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, une personne lesbienne, gay, bisexuelle, transexuelle ou intersexe (LGBTI) sur cinq s'est sentie discriminée sur son lieu de travail au cours de l'année écoulée. "L'homophobie au travail n'est pas assez prise au sérieux. Certains employeurs ne se rendent pas compte de l'impact de comportements discriminatoires, de blagues récurrentes, de harcèlement... Les personnes LGBT en souffrent et font de plus en plus appel à Unia", explique Patrick Charlier, directeur de l'institution. Unia est allé trois fois en justice en 2019 pour des cas d'homophobie. "Les décisions de justice sont essentielles pour rappeler que les discriminations et le harcèlement sont interdits par la loi", souligne M. Charlier. Par ailleurs, le centre constate que le confinement a contribué à une recrudescence des violences intrafamiliales envers les jeunes LGBT. (Belga)