L'affaire Jacob Blake, du nom du jeune Afro-Américain grièvement blessé par un policier aux États-Unis, vient rappeler la nécessité d'éliminer le racisme au sein de la police, a déclaré vendredi un porte-parole de l'Onu. "Cet épisode vraiment tragique réaffirme la nécessité d'une action urgente pour éradiquer les liens entre le racisme structurel et le maintien de l'ordre", a déclaré Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'Homme, interrogé à ce sujet au cours d'un point de presse. Jacob Blake, un père de famille de 29 ans, a été touché de plusieurs balles dans le dos tirées à bout portant par un policier blanc, sous l'oeil de ses trois petits garçons dimanche à Kenosha, dans l'État du Wisconsin, alors qu'il résistait à son interpellation. Selon son avocat, il restera paralysé. L'auteur des tirs, l'agent Rusten Sheskey, a été mis à pied, mais n'a pas été arrêté ni inculpé, ce qui a alimenté le sentiment d'injustice. Cette affaire a relancé le mouvement de colère historique contre le racisme et les brutalités policières qui a vu le jour après la mort d'un autre homme noir, George Floyd, étouffé en mai sous le genou d'un policier blanc. "D'après les images disponibles que nous avons vues à ce stade, la police semble faire usage d'une force contre Jacob Blake qui semblerait excessive", a commenté le porte-parole du Haut-Commissariat. "Il ne semble pas que les agents des forces de l'ordre aient respecté la norme internationale relative au recours intentionnel à la force létale avec une arme à feu", a souligné M. Colville. Et d'ajouter: "Il semble également fort possible que la force utilisée contre Blake soit de nature discriminatoire." Filmée par des témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, la scène a suscité une vague d'émotion dans le pays. En marge des manifestations antiracistes, un adolescent de 17 ans a été arrêté mercredi après la mort de deux personnes abattues dans la ville américaine de Kenosha, où un cocktail dangereux, mêlant émeutiers et groupes d'autodéfense armés, s'est répandu dans les rues. M. Colville a assuré que c'était un "autre exemple - malheureusement - de l'insuffisance et du laxisme des mesures de contrôle des armes à feu aux États-Unis". "Il devrait être inconcevable qu'un jeune de 17 ans se balade avec un fusil automatique et qui puisse tirer sur des gens de cette manière dans une situation aussi tendue", a-t-il assuré. (Belga)