Le président vénézuélien Nicolas Maduro a estimé jeudi qu'il était "impossible" de retarder les élections législatives, prévues le 6 décembre, en réaction aux recommandations de représentants de l'Union européenne au sujet de ce scrutin controversé."L'Union européenne a suggéré la possibilité de reporter la date des élections au Venezuela mais c'est impossible car il s'agit d'un mandat constitutionnel, la Constitution prévoit que le 5 janvier 2021 la nouvelle Assemblée nationale entre en session", a déclaré M. Maduro lors d'une visioconférence en présence de candidats proches du gouvernement. Le scrutin en vue du renouvellement du Parlement, seul pouvoir actuellement aux mains de l'opposition, a été boycotté par une trentaine de formations politiques, regroupant la majorité de l'opposition, qui le qualifient de "fraude". Malgré tout, l'opposant Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidentielle vénézuélienne, a appelé à y participer. Jeudi, le Groupe international de contact, qui regroupe les pays européens et latino-américains afin de mettre fin à la crise vénézuélienne, a déclaré dans un communiqué commun que "le calendrier électoral actuel ne permet pas le déploiement d'une mission d'observation". Le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a lui aussi plaidé, le 11 août, pour un report des législatives, estimant que les conditions pour les organiser et pour l'envoi d'une mission d'observation n'étaient pas réunies. "Impossible, demandez ce que vous voulez, mais nous ne pouvons pas réaliser l'impossible, nous ne pouvons pas violer la Constitution, c'est un commandement, cela me semble clair", a insisté Nicolas Maduro lors d'une allocution télévisée. L'opposition accuse le président Maduro d'utiliser "le contrôle exercé sur l'ensemble des pouvoir publics" pour en finir "avec la possibilité d'avoir quelque type d'élection libre et concurrentielle". Le chef de l'opposition, Juan Guaido, qui s'est proclamé président par intérim en janvier 2019, a répété jeudi sur Twitter que "les conditions pour des élections libres n'existent pas au Venezuela". (Belga)