Le chef de groupe CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten, ne crois pas que le président de la N-VA Bart De Wever ait présenté une offre généreuse l'an dernier à son parti pour constituer le gouvernement flamand avec le Vlaams Belang, a-t-il commenté dimanche sur le plateau du Zevende Dag (VRT). "Je ne suis pas au courant d'une telle offre. On ne nous a rien dit à ce sujet. Je me permets d'en douter. Et si jamais M. De Wever avait pensé formuler une telle offre, il sait quelle aurait été la réponse", a indiqué M. Verherstraeten, après la révélation par l'ex-présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten qu'une telle offre avait été faite aux libéraux flamands. Au cours de la formation du gouvernement flamand, les partis ont tous maintenu le cordon sanitaire qui écarte du pouvoir la formation d'extrême droite, malgré de longs pourparlers entre M. De Wever et cette dernière. Le gouvernement régional est dès lors constitué de la N-VA, du CD&V et de l'Open Vld. Chez les libéraux flamands, les révélations de Mme Rutten n'ont pas plu à tout le monde. "Cela relève d'une relation aigrie entre deux personnes, c'est presque physique", a commenté le député Vincent Van Quickenborne. Il juge surtout que les propos de Mme Rutten sont "dommageables" pour la mission que le président de son parti, Egbert Lachaert, mène actuellement avec les présidents du MR et du CD&V, Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens, pour constituer ce qu'il qualifie de "gouvernement de la dernière chance". Le trio explore la piste d'une coalition "Arizona", qui ajouterait la N-VA, le cdH et le sp.a aux trois partis gouvernementaux actuels (MR, CD&V, Open Vld). Les regards se tournent notamment vers le sp.a, dont le président Conner Rousseau a répété ce week-end qu'il n'appuierait pas un gouvernement sans le PS. "Personne n'est incontournable" dans le paysage politique éclaté que l'on connaît, a souligné Servais Verherstraeten, tout en répétant que son parti préférait une coalition reposant sur une majorité dans les deux groupes linguistiques à la Chambre. "Mais en politique, ce n'est pas toujours le scénario le plus souhaitable qui l'emporte". C'est dans ce sens que Vincent Van Quickenborne interprète la sortie de Rudy Demotte (PS), qui affirme ce dimanche dans De Zondag ne plus voir d'autre solution politique que les élections. "J'ai été un peu choqué en lisant cela. Si le PS devait confirmer cette position, il se placerait sur la ligne du Vlaams Belang et du PTB. Peut-être est-ce de la nervosité du PS, due au fait qu'il n'est pas incontournable". (Belga)